Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Connectez-vous

Politique

Bénin/ Lionel Zinsou à propos de sa condamnation : « Ce verdict n’est pas une surprise pour moi »

Publié

le

« Dépassement de fonds de campagne et faux et usage de faux ». Voilà les faits reprochés par le ministère public à l’opposant Lionel Zinsou, arrivé 2è au second tour aux élections présidentielles de 2016. À la suite d’un procès qui aura retenu toutes les attentions, l’ancien premier ministre du régime Yayi a été condamné à 5 ans d’inéligibilité à toutes les élections en République du Bénin, à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et à 50 millions de Francs CFA de dommages. Un verdict qui n’a pas «surpris» le concerné. Sur France 24, Lionel Zinsou a déploré la situation politique actuelle au Bénin. S’il s’attendait à un tel verdict au regard des informations qu’il aurait reçu, l’ancien candidat des Force Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) avoue que « le Bénin ne ressemble pas forcément à ses dirigeants. Mais que le pays veut le droit ».

Déclaration de Lionel Zinsou sur France 24

«…Ce verdict n’est pas une surprise pour moi. Curieusement, ce verdict m’avait été déjà annoncé. J’ai appris ce que serait ma condamnation avant même que les juges soient saisis du sujet. Des mois à l’avance, je le savais. Nous avions eu des élections législatives le 28 avril dans le pays. Vous avez suivi la crise postélectorale. Vos caméras étaient d’ailleurs sur place. L’opposition n’était pas autorisée à présenter des listes.

De façon très claire, il n’y aura pas non plus de candidats potentiels aux élections présidentielles en 2021 contre le président. Donc c’est la même logique qui prévaut. Il fallait d’une façon ou d’une autre me rendre inéligible. On a cherché un sujet judiciaire et on l’a fait…

Au Bénin, aujourd’hui, malheureusement, il n’y a pas du tout que Lionel Zinsou. Il y a quand même beaucoup de gens qui, s’ils ont des opinions un peu divergentes ou bousculent quelques intérêts, n’ont pas énormément de sécurité. C’est un peu plus raisonnable de constituer mes avocats et qu’ils me représentent. Je n’avais pas une crainte en particulier. Vous savez, à mon âge, ma situation n’a pas vraiment de crainte. Mais au fond, c’était plus sage d’envoyer mes avocats.

A la première audience, je n’étais pas en France. Je travaille dans toute l’Afrique. Il se trouve que mon métier qui est de conseiller les gouvernements et les entreprises, mon métier de banquier d’affaires, m’appelle d’un bout à l’autre de l’Afrique. Je travaille pour l’Afrique et je travaille aussi pour mon pays. C’était expédient que mes avocats, qui sont excellents, notamment le bâtonnier Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle, c’est l’un des plus grands avocats de l’histoire de notre pays, ainsi que l’ancien bâtonnier de Paris, me représentent à ce procès…

La situation aujourd’hui des opposants en exil est très frappante. On a vécu trente ans de vraie construction de la règle de droit. On a été 1er en matière de la liberté de la presse. Trente ans de renouveau démocratique, on fait partie des très rares pays qui viennent de régresser… 18.000 enseignants sont menacés d’être licenciés. Il y a la peur d’une certaine violence sociale et institutionnelle. Et c’est complètement nouveau. La règle de droit dans notre pays n’est plus en vigueur. Mon procès, il faut oublier Lionel Zinsou. Ce qui est intéressant, c’est de voir que la population est soumise à cette régression des libertés et qu’elle a répondu de façon magnifique qui cause une fierté immense.

Devant des élections législatives, on venait de supprimer l’opposition. Ce que, franchement, on ne fait plus. Il y a peut-être deux pays au monde encore où on fait ça. Et cela a débouché sur des violences inédites. On a réprimé, il y a eu des victimes, il faut s’incliner devant ces victimes. La population a boycotté ces élections à plus de 85%. Le peuple s’est exprimé. Ça, c’est plus important qu’une situation anecdotique comme la mienne. Je serai inéligible. Je ne participerai pas à la prochaine présidentielle…

Je crois qu’il y a eu une désaffection liée à toute une série de mesures sociales singulières. On a fait déguerpir les commerçantes des rues, on a eu des problèmes avec la communauté musulmane à qui on a refusé la prière de vendredi en dehors des mosquées, on a supprimé le droit de grève à des professions entières, la santé, l’enseignement… Tout une série de mesures qui étaient présentées comme des réformes économiques et sociales… Mais au fond, il d’agit de réformes antisociales. Il y a une désaffection. Et les résultats des élections dans les sondages étaient très clairs : les législatives allaient être une déroute pour le pouvoir…

Ce n’est pas forcément l’idée, un régime autoritaire c’est mieux pour le développement. C’est plutôt une question pratique. Je vais perdre les élections au mois d’avril, qu’est-ce que je fais ? On a alors inventé ce système : on supprime l’opposition. En 2021, il y a un risque que ça recommence. On risque d’avoir les mêmes réactions de la population.

Même dans les régimes totalitaires, il y a des hommes courageux… Il y a des hommes intègres et courageux dans la magistrature. Il y a des justes. Il faut aller jusqu’au bout des recours concernant mon procès. Il faut donner une chance à la vérité et au droit. C’est très important. Parce que ce pays ne ressemble pas forcément à ses dirigeants. Notre pays veut le droit… »

Continuer la lecture
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *