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Littérature

L’écrivain, Florent Eustache Hessou : « Lorsque la femme a envie de vous et que vous ne répondez pas… »

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Journaliste, acteur culturel et Promoteur de l’Ecole supérieure des Métiers d’art et culture, Florent Eustache Hessou se distingue aussi par la qualité de sa plume. C’est un poète qui manipule, sans limite les mots pour passer son message. A travers cette interview, il nous dévoile sa passion pour la poésie et révèle par la même occasion le message caché dans son œuvre intitulé « il faut battre la femme quand elle est chaude ».

Pourquoi Florent Eustache Hessou s’accroche si tant à la poésie ?

Je pense que la poésie est le genre le plus difficile dans la création littéraire. La poésie, c’est l’esthétique du langage, c’est ce qui nous permet de faire des jeux de mots, ce qui nous donne la liberté de créer, ce qui nous donne la possibilité de décrire notre univers à travers les mots. C’est en cela que dans la littérature, c’est le genre le moins abordé parce que tout le monde n’arrive pas à écrire poésie. En tant que littéraire, parce que j’ai fait mes armes en lettres modernes à l’Uac avant de passer en sociologie, j’adore jouer avec les mots. En réalité, c’est en lettres modernes que j’ai fait en option suréalisme et critiques littéraires. Je mets de la révolution et de la créativité dans les mots. C’est ce qui fait de moi un poète. J’ai eu beaucoup de distinctions dont le premier prix du concours littéraire ‘’Regard croisé sur le Bénin’’ avec mon livre ‘’Mémoire du cran’’ et de nombreux autres prix littéraires. Ce qui importe chez moi, c’est la qualité des expressions, du son dans le texte. C’est d’ailleurs ça la littérature. Quand on fait de la littérature sans faire des jeux de mots ce n’est pas la peine. Alors, la poésie est mon domaine de prédilection parce que c’est là que je me sens mieux et même si je fais des incursions en théâtre, on y trouve encore de la poésie, parce que mon souffle est poétique. 

Alors, pour vous, ou du moins si on se réfère au titre de votre ouvrage, « il faut battre la femme quand elle est chaude ». Est-ce que vous n’allez pas vous attirer des foudres par ces jeux de mots ?

Bien sûr. Votre inspiration vous amène à aller chercher des trucs auxquels les gens ne s’attendent pas. On y voit du neuf. Quand vous dites par exemple qu’il faut battre la femme quand elle est chaude, c’est à la fois magnifique car les gens ne s’attendent pas à ça. Il y a une phrase qui dit avant qu’il faut battre le fer quand il est chaud. C’est tout ce qu’on dit et le public ne s’attend pas. C’est en cela que j’ai pris cette petite phrase de Dakpogan pour illustrer le travail que j’ai fait.

Que peut-on en comprendre donc ?

En fait, la femme a besoin d’attention. Elle a besoin qu’on réponde à ses aspirations physique, matérielles et intellectuelles. C’est de ça qu’il est question. Lorsque la femme a envie de vous et que vous ne répondez pas, elle peut partir. Ça semble banal mais au fond ce n’est qu’un prétexte pour parler de femme, d’amour, de politique et d’un certain nombre de choses pour que lorsque je monte en degrés qu’on me suive. C’est dire que lorsqu’une opportunité se présente, qu’il faut la saisir. Les gens vont croire que c’est de la pornographie mais il faut s’y accrocher pour voir qu’il n’y a absolument rien. C’est vrai que la thématique fondamentale est la femme, l’amour, la politique. Ça tourne autour de ces trois expressions. Il y a beaucoup d’allégories et d’illusions.

Comment Florent Eustache Hessou perçoit-il la femme ?

La femme, c’est comme la politique et vice versa. Lorsque vous la prenez et que vous ne savez pas la manipuler, elle peut vous amener au firmament. Et ce qui peut vous amener au firmament peut vous faire descendre. A l’intérieur, j’ai parlé de beaucoup d’anecdotes. J’y ai parlé de la Criet, du cri de la femme que j’ai allusionné avec la Criet. Il y a beaucoup de choses qui font allusion à la politique sans nommer la politique. On ne peut pas faire de la poésie sans faire de la politique, sans parler de la femme dans un sens de connotation. Puisque quand on prend la politique, c’est une série d’opportunités et la femme aussi. En politique, lorsque vous avez le vent en poupe, il faut y aller. Lorsque vous avez le pouvoir et que vous ne l’exercez pas, vous allez voir que celui qui va vous le prendre va vous faire regretter que vous ne l’ayez pas exercé. Il y a des gens qui avaient le pouvoir et qui devraient aller à une extrémité mais qui n’y sont pas allés et qui aujourd’hui voient d’autres qui gèrent, qui sont plus chauds.

Pourquoi avez-vous personnalisé autant le recueil ?

Le ‘’Je’’ c’est l’autre puisque l’être humain étant composé des quatre éléments, le feu, l’eau, l’air et la terre. Nous subissons les mêmes vibrations et les mêmes énergies. L’auteur, c’est celui qui essaie de promener un miroir le long de la société. Lorsque je parle ce n’est pas pour moi. En fait je parle pour mon compatriote. Lorsque je dis pardonne-moi seigneur, car je n’ai pas battu la femme ça veut dire qu’il y a une opportunité que je n’ai pas saisi. C’est pour cela que je demande pardon à Dieu qu’il puisse me permettre d’être à même de continuer. Je ne prie pas pour moi mais pour les autres. Je ne serai pas prétentieux de vouloir dire directement ce que les autres pensent. Alors je passe par mon ‘’je’’ pour les atteindre puisque que je suis sûr qu’ils vont lire le livre. Parler de soi, c’est parler des autres parce que ce « je » est inclusif.

Quel sera le prochain chantier ?

En attendant la fin de la rupture, je vais écrire un poème qui va parler de la politique et de tout. Les premiers mots sont en train d’être écrits.

Vous avez créé entre temps un mouvement pour soutenir le Pag. Aujourd’hui, quelle est votre lecture de la gouvernance actuelle dans le pays ?

Lorsque j’ai lu le Programme d’actions du Gouvernement, j’ai créé un regroupement qui s’appelle Sentinelle du Pag qu’on a muté en sentinelle du Bénin gagnant. Je pense sincèrement que si le Président peut mettre en œuvre 30% de ce programme, le pays va gagner. Le reste, je ne sais pas si les moyens vont répondre mais nous voyons le chef de l’Etat comme un véritable coach. Il est en train de nous aider à changer nos habitudes. La corruption est en train d’être attaquée, ça ne finira pas mais ça va diminuer. Mais je sens qu’on veut nous discipliner. Je veux donner comme preuve le défilé du 1er août dernier qui est passé comme un spectacle de danse ou de théâtre. Nous allons donner un peu plus de temps, un an ou deux pour que cette gestion puisse être avantageux pour le pays. Cette forme de gouvernance me plaît parce qu’on ne peut jamais tout changer en trois mois ou en trois ans. Je pense qu’il faut dire aux Béninois que nous souffrons aujourd’hui pour mieux vivre demain. Il faut accepter que les gouvernants nous gouvernent.

Un mot pour les lecteurs.

Il y a des gens qui ont lu et qui s’extasient. Ce n’est pas un texte à résumer. Il faut lire, car c’est une expression de folie. Ce que je vais dire est de consommer sans modération, car cela vient droit du cœur. Lorsque vous avez une femme, il faut la satisfaire sur tous les plans. Il faut battre la femme quand elle est chaude c’est qu’il faut saisir toute forme d’opportunités et répondre à la femme quand elle en a besoin. Je crois également que les lecteurs vont y trouver les leurs. Ce que je sais est que bientôt, il y aura un texte plus costaud et dont les premières phrases sont entrain d’être écrites.

Moi je pense qu’il reste beaucoup à faire tant que tout n’est pas encore fait. Je ne vais pas parler de gouvernance politique sans parler de la classe culturelle. Je pense que tout ce qui arrive de mauvais aujourd’hui est dû à un manque d’organisation. Il y a des gens qui ne s’aiment pas et qui ne sèment que la zizanie. A chaque fois on prend les mêmes et on recommence. Sinon, on ne peut pas comprendre qu’aujourd’hui le fond des arts et de la culture soit en train de chuter alors que lorsqu’on va au niveau du sport, il y a quelque chose de plus grand. Mais je pense que lorsque les acteurs culturels vont commencer à s’aimer, on peut remonter la pente. Au-delà de ça, je pense que quelque chose est en train d’être fait et nous espérons que ça va être bien. Les opportunités sont en train de sortir pas seulement dans le milieu culturel mais aussi en matière de tourisme et il faut en profiter. On va arriver à un niveau où seuls les travailleurs vont en profiter. Je crois qu’on va pouvoir faire en sorte que la culture et le sport s’équilibre et que les acquis en matière de culture soient préservés.

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