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Opinions

Crise politique au Bénin : Dr Félicité Akueson analyse la situation et propose une piste de sortie

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LE « CERTIFICAT DE CONFORMITE » N’ETAIT NI UNE PIECE TECHNIQUE NI UNE PIECE LEGALE, MAIS UNE TROUVAILLE ILLEGALE DONT LA DELIVRANCE EST POLITIQUE ET DISCRIMINATOIRE

Par

 Dr. Adolé Félicité AKUESON

Enseignante de Philosophie à l’Université d’Abomey-Calavi

Maître-Assistante des Universités du C.A.M.E.S.

Spécialiste de Philosophie Politique et Sociale/ Genre et Développement

Secrétaire Générale Adjointe, chargée du Pôle « Idées » et du suivi des Programmes du Parti « Restaurer l’Espoir » (RE)

J’ai jugé nécessaire d’apporter quelques éclaircissements à l’opinion face à la débauche de communication de certains qui continuent de gloser, suite à l’illusionnisme du 15 juillet 2019 à la Présidence de la République autour du complot du « certificat de conformité ».

D’abord, ce « certificat de conformité » est une pièce illégale source d’exclusion, inventée juste pour rendre constitutionnelle une immixtion frauduleuse visant à la confiscation du pouvoir législatif.

Ensuite, il faut savoir que sa délivrance n’a rien de technique car exclusivement confiée, en violation de la loi portant Charte des Partis politiques et du Code électoral, au Ministre de l’Intérieur. Ce Ministre, c’est Monsieur Sacca LAFIA qui est dans le même temps membre fondateur d’un des partis créés sur instigation du Président Patrice TALON. Il était un potentiel candidat puis finalement coopté sur la liste d’une des formations politiques du pouvoir, l’union progressiste (up) pour le simulacre électoral du 28 avril 2019.

Le 27 février 2019, le « certificat de conformité » devenait inutile, inopérant. Le 05 mars 2019, date de la sélection des seuls deux partis politiques du Président TALON par la CENA, ce certificat dit de conformité devenait définitivement désuet.

La vraie désignation de cette pièce est à tirer de sa fonction d’exclusion électorale. Il s’agit en réalité d’un « certificat d’exclusion électorale ».

C’est la compréhension que les uns et les autres devraient logiquement avoir suite à l’aveu du Président TALON le 11 avril 2019 de porter lui – même le « chapeau» de la confiscation du pouvoir législatif. Ce même 11 avril 2019, le Président Patrice TALON a affirmé que l’image d’un Bénin démocratique importait moins pour lui que le « développement » et la « bonne gouvernance ». C’était en effet, une profession de foi caractéristique du despotisme messianique, une forme attardée de « dictature dite éclairée » que certains qualifient par ignorance de « dictature de développement ».

L’EXISTENCE D’UN PARTI POLITIQUE EST A DISSOCIER DE SA PARTICIPATION A UNE ELECTION

L’existence des partis politiques est régie par la loi portant Charte des partis politiques.

Normalement, la participation aux élections est organisée par le Code électoral.

Le « certificat de conformité » est inventé comme un filtre programmé pour permettre de recourir au « super – pouvoir » de la Cour constitutionnelle pour exclure l’Opposition politique des élections législatives.

Il s’agit d’une immixtion discrétionnaire inconnue des lois, exogène au processus électoral et non prévue par le corps électoral tel que convoqué par le décret No 2019-012 du 09 janvier 2019.

Techniquement, le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE), au prix de louables efforts, a satisfait à toutes les obligations de la loi portant Charte des Partis politiques en vigueur au Bénin.

Premièrement, il est le seul Parti politique de l’Opposition, dûment enregistré avant la promulgation le 18 septembre 2018 de la nouvelle loi portant charte des Partis politiques. Deuxièmement,  il a déposé un dossier de mise en conformité plus de trois mois avant le délai légal qui expire le 17 mars 2019.

En effet, le 14 décembre 2018, tout le dossier de mise en conformité du Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) a été déposé par exploit d’huissier. Et toutes les observations évoquées par le Ministère de l’Intérieur ont été satisfaites dans le délai de deux mois soit avant le 14 février 2019.

Il faut repréciser que dans le format de mise en conformité, le Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) est le premier parti de l’Opposition à accomplir avec diligence toutes les obligations dans le délai exigé.

Le Parti PCB a introduit un dossier de mise en conformité pendant la période de dépôt de candidature aux Législatives. Il s’agit là d’une option qui illustre bien qu’on peut faire des démarches de mise en conformité prévue par la Charte des partis politiques, même si on n’a pas l’intention de déposer sa candidature pour les Législatives annoncées.

Quid des autres partis de l’opposition?

À la date de promulgation de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques soit le 18 septembre 2018, le parti FCBE bien que créé depuis février 2018 souffrait à se voir délivrer son récépissé. Il a fallu attendre le 19 novembre 2018 soit deux mois après la promulgation de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques pour qu’un récépissé provisoire ne soit délivré à cette formation politique.

Dans la réalité des faits, ce qui constituait la difficulté du parti FCBE, c’était la portée légale d’un récépissé provisoire délivré sur la base d’une loi abrogée, prohibée. L’autre question, c’est la mention figurant sur un tel document qui indique une mise en conformité aux dispositions de la nouvelle loi intervenue le 18 septembre 2018.

Cette situation a placé le parti FCBE dans un format de déclaration de constitution et non de mise en conformité prévue par l’article 56 de la loi portant charte des partis politiques. En réalité, le parti FCBE  était- il dûment enregistré aux termes de la loi portant Charte des partis politiques ? De quelle loi, la nouvelle ou celle abrogée ?

Cette interrogation a été certainement prise en compte par les responsables du Parti FCBE, parce que ce parti ne disposait pas de récépissé définitif à la date de promulgation de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques.

Le parti USL est presque dans le même registre avec la nuance que d’abord à sa création, l’USL était une simple association avant de solliciter une mutation du statut de simple association en statut de parti politique. Les diverses démarches administratives tracent cette métamorphose de l’USL. En effet, c’est le 19 novembre 2018  que l’USL a obtenu un récépissé provisoire. De plus, cette formation s’est engagée dans le même format de déclaration de constitution et non de mise en conformité dans le strict format de l’article 56 de la loi portant Charte des partis politiques, parce que ne disposant pas de récépissé définitif avant la promulgation de la loi portant Charte des partis politiques.

Comme on peut le constater, le cheminement et les souffrances de ces deux formations étaient identiques à tout point de vue.

Il faut rappeler que la farouche volonté du pouvoir dit de la rupture d’exclure ces deux formations existait depuis,  c’est-à-dire bien avant le vote puis la promulgation de la nouvelle loi sur les partis politiques.

La destruction puis le saccage du parti «Renaissance du Bénin» (RB) du Président Lehady SOGLO procédait de la même malice.

Beaucoup d’autres formations politiques comme Force Clé, PSD, MADEP etc. ont été victimes de cette politicaillerie de prédation des partis.

LE CANNIBALISME POLITIQUE DU POUVOIR DIT DE LA RUPTURE : VERS L’INSTAURATION D’UNE DEMOCRATIE SANS OPPOSITION

Sous le prétexte de réformes du système partisan, s’est orchestré un véritable projet de cannibalisme politique visant à la prédation du multipartisme et à la déstabilisation du modèle démocratique béninois, un modèle né du consensus issu de la Conférence Nationale de février 1990. Le but inavoué est la transformation de notre régime démocratique en un régime qui ne tolère aucune contradiction, qui matte toute hostilité à son égard et qui réduit les populations à la résignation et au silence.

Quel est le mode opératoire ?

D’abord, c’est le remplacement des lois consensuelles qui fondaient les piliers de l’Etat de droit par des pseudos – lois iniques et abjectes. Le projet est l’instauration d’un État de «lois éthiquement illégitimes» pour  reprendre une expression chère à Hannah ARENDT. Il s’agit en fait d’un déni de l’Etat de droit.

La loi portant Code électoral et celle portant Charte des partis politiques sont les armes fatales de ce cannibalisme politique.

Avant ces deux lois, le Code pénal, le code sur le numérique, les projets de lois sur les renseignements et secret défense concourraient subrepticement au même but.

La justice et toutes les institutions de la République ont été réinitialisées sur le même logiciel de prédation des libertés et de sape des fondements de la démocratie par le recours à la manipulation vénale et par l’instauration d’un climat appareillé par la terreur et la corruption.

CONCERNANT  LES PARTIS POLITIQUES EN GENERAL

Les obstacles financiers ont découragé et exclu presque tous les partis politiques dont les responsables et militants n’ont pas anticipé sur les méfaits discriminatoires de ce cannibalisme politique. Certains se sont soumis sans autres formes de procès au pouvoir dit de la rupture. Ils ont été agglutinés et repartis mécaniquement en up et en br. D’autres sont  condamnés dare-dare à l’extinction.

Il y en a qui se sont dirigés vers les pôles politiques autour de certaines personnalités politiques hostiles au Président TALON. Les raisons de ces migrations politiques feront l’objet d’examens ultérieurs.

CONCERNANT CEUX QUI ONT DECIDE DE FRANCHIR LES OBSTACLES FINANCIERS

Dans le rang de la mouvance présidentielle, on peut noter l’UDBN et le PRD. Il y a une migration politique qui a donné naissance au DUD autour de Monsieur Valentin HOUDE.

Il y a des créations de nouvelles formations politiques apparemment instiguées par des réseaux occultes satellites du pouvoir dit de la rupture. On peut citer MOELE – BÉNIN, FCDB …

Dans le rang de l’Opposition, on note le Parti RE, le  Parti FCBE et le Parti USL.

Il faut ajouter à ces partis politiques, le Parti PCB.

CONCERNANT CEUX QUI ONT PRIS L’OPTION DE MISE EN CONFORMITE

Dans le rang de l’Opposition, le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE) est le tout premier à déposer un dossier de mise en conformité le 14 décembre 2018.

Le Parti PCB a déposé son dossier de mise en conformité bien après son congrès de mise en conformité en février 2019.

Dans le rang de la mouvance présidentielle, seul le Parti PRD a déposé un dossier de mise en conformité en janvier 2019.

CONCERNANT CEUX QUI ONT PRIS L’OPTION DE CONSTITUTION ADMINISTRATIVE

Dans le rang de l’Opposition, le Parti FCBE a déposé un dossier de déclaration administrative de création, de constitution après plusieurs réajustements vers la fin du mois de décembre 2018. Et le Parti USL, à l’issue de la séance d’élargissement tenue le 15 décembre 2018 au siège de l’ONG VIDOLE, également siège du Parti «La Renaissance du Bénin» (RB), a fait une déclaration administrative de création, de constitution vers la fin du mois de décembre 2018, un peu avant le Parti FCBE.

Je voudrais faire un retour particulier pour mettre en relief la spécificité de la démarche du Parti « Restaurer l’Espoir » (RE).

LE CAS SINGULIER DU PARTI «RESTAURER L’ESPOIR» (RE)

Il importe de préciser ce qui suit:

Le Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) a déposé son dossier de mise en conformité à la nouvelle loi le 14 décembre 2018.

Or, selon cette loi en son article 56, « Pour compter de la date de promulgation de la présente loi, les partis politiques dûment enregistrés continuent d’exister nonobstant les dispositions du Titre ll chapitre premier de la présente loi. Ils disposent d’un délai de six (06) mois pour se conformer aux nouvelles dispositions. Passé ce délai, ils perdent leur statut juridique.»

Le Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) n’est donc pas comme certains partis politiques dans une situation de constitution mais de conformité. Oui, la nuance vaut la peine d’être faite. Les deux démarches sont nettement différentes. Ceux qui n’ont pas leur récépissé définitif avant la promulgation de la nouvelle charte ne sont pas « dûment enregistrés » et sont tenus d’emprunter la voie de la constitution de parti, alors que «Restaurer l’Espoir» ( RE ) ayant une existence légale avant la promulgation de cette loi, n’avait qu’à simplement faire la démarche de mise en conformité; ce qu’il a fait en fournissant la liste des 15 membres par commune et en restant rigoureusement dans le délai imparti,  la date du 17 mars 2019. Si on compte à partir du 14 décembre jusqu’au 17 mars, tout le monde peut constater qu’il y a trois (3) mois au moins alors que le Ministère de l’Intérieur avait un délai d’examen de deux mois au maximum.

Je n’aime pas trop parler des autres mais, puisqu’il faut la LUMIERE pour accoucher de la VERITE, je me fais l’impérieux devoir d’éclairer l’opinion publique sur cette situation.

UN BREF RECAPITULATIF

Au total, il y une différence entre l’Alliance FCBE et le parti FCBE. L’Alliance FCBE depuis l’avènement du pouvoir dit de la rupture s’est désintégrée: une partie vers le pouvoir  TALON, une partie volatilisée et une partie constituée en parti politique (FCBE) en février 2018 mais sans récépissé ni provisoire ni définitif avant le 18 septembre 2018.

De même, l’USL n’était pas à son origine un parti mais une association. Même muée en parti politique plus tard, tout le monde se souvient que cette formation politique peinait à se voir délivrer un récépissé provisoire ou définitif. En effet, c’est en novembre 2018 comme je l’évoquais plus haut que cette formation politique a reçu un curieux récépissé à cheval entre une loi abrogée et une nouvelle loi promulguée qui conditionne les avantages de l’Article 56 à l’expression «dûment enregistré».

Beaucoup de curieux en droit politique avaient disserté longuement sur cette situation tout aussi curieuse.

Je n’en rajouterai rien.

Le PCB est l’un des plus vieux partis politiques. Le Congrès de mise en conformité de cette formation politique a clos ses travaux le 09 février 2019.

Le Ministère peut évoquer que le PCB, en déposant son dossier de mise en conformité après le 20 février 2019, ne lui a pas permis le bénéfice des deux mois d’examen prévus par l’Article 19 de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques, les 6 mois de l’Article 56 devant expirer en mars 2019.

Le 14 février 2019, le Ministre Sacca LAFIA, a déclaré pour justifier le « certificat de conformité », que si on laissait le processus électoral se dérouler normalement, aucun parti politique ne pouvait être prêt avant le 14 avril 2019. Il apparaît évidemment que sans un favoritisme et sans des recommandations politiques discriminatoires, tous les partis politiques devraient se voir délivrer leurs pièces légales à l’instar des formations up et br qui visiblement étaient des formations politiques tardives.

Vous convenez avec moi que les démarches sont diverses. Les voies choisies ne sont pas les mêmes. Les compréhensions sont tirées du statut et des difficultés spécifiques de chaque formation par rapport à la nouvelle loi portant charte des partis politiques et surtout par rapport aux dispositions dérogatoires et transitoires de l’Article 56 de cette loi.

J’ai lu beaucoup d’approximations, des balbutiements, des travestissements, des commérages infantiles de certaines personnes qui se disent acteurs politiques au sujet de la tricherie que constitue la fraude électorale par le moyen du certificat d’exclusion dit sournoisement de conformité. Je laisse le reste à vos appréciations et commentaires.

Ce n’est pas à l’aune des efforts financiers, de la maîtrise des techniques administratives en matière de création et d’existence des partis qu’il est décidé du statut administratif ou juridique des partis politiques. Il s’agit de l’introduction d’une nouvelle technique de fraude électorale: la fraude électorale par le « certificat de conformité » ou « certificat d’exclusion électorale« .

L’énigme n’était ni financière ni technique mais exclusivement politique et participative de la fraude électorale par l’exclusion de tout concurrent électoral.

C’est ce qu’exprimait déjà le 14 février 2019 le Président AZANNAÏ lorsqu’il dénonçait l’intrusion du « certificat de conformité » comme «le plus puissant moyen de fraude électorale jamais utilisé depuis l’histoire électorale moderne dans notre pays». Les faits confirment malheureusement sa dénonciation.

Aujourd’hui, le mal est fait : le pouvoir législatif est confisqué dans le sang et nous sommes dans une singularité politique à savoir une démocratie sans opposition, sans un parlement authentiquement représentatif du peuple mais abusivement illégitime et ne comprenant aucun député élu mais plutôt 83 sièges trempés du sang de nos compatriotes et sur lesquels sont imposés par le Président Patrice TALON, 83 individus par recours à la force militaire et à l’utilisation criminelle des armes à feu.

C’est ce crime crapuleux d’une cruauté jamais enregistrée dans notre histoire politique moderne que cherche à amnésier le Président Patrice TALON. La mise en scène du 15 juillet 2019 autour du frauduleux et désuet certificat d’exclusion dit de conformité participe d’une tentative d’infantilisation de l’Opposition, de tout le Peuple béninois et même de toute la Communauté Internationale.

Ce qui s’est passé le 15 juillet 2019 à l’invitation du Président Patrice TALON à la Présidence de la République n’était pas un dialogue et n’a d’ailleurs rien d’une concertation sérieuse et conséquente de la crise politique meurtrière en cours en République du Bénin.

LA LIGNE OFFICIELLE DE LA RESISTANCE NATIONALE

Cette ligne est celle préconisée dans la correspondance signée par le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO à propos de l’invitation du 15 juillet 2019.

Le Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) est un parti de dignité, de respect des valeurs et de ses engagements, une formation politique pétrie d’expériences. La position affichée et défendue, avec courage et opiniâtreté sans aucune confusion par le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE) relativement à ce piège du 15 juillet 2019 est tirée des consignes communes de la Résistance Nationale.

LA PROBLEMATIQUE DU DIALOGUE POLITIQUE RELATIVEMENT AU COUP D’ETAT DE CONFISCATION DU POUVOIR LEGISLATIF AU BENIN

Le dialogue est un arrachement et s’il est consenti, il est arrachement de toutes les parties qui y sont conviées. Le dialogue n’est pas un discours parce que le discours lui, est l’énoncé d’une démonstration, voire d’un avis sur un sujet. Le dialogue n’est pas une conversation, car la conversation elle, est un enchaînement de discours entrecoupés et non reliés entre eux pour produire un raisonnement commun entre les participants.

D’abord, le dialogue politique met en présence selon Francie LUND (spécialiste de politique sociale), des groupes d’intérêts différents qui éprouvent le besoin de se parler, de débattre franchement  d’une question dont les enjeux sont mutuels, même si ces enjeux ne sont pas nécessairement communs. Autrement dit, un dialogue politique permet aux participants de voir les problèmes qui se posent, en considérant les points de vue des uns et des autres. Ce qui requiert l’écoute mutuelle.

Ensuite, un dialogue politique doit être planifié, structuré, modélisé dans les moindres détails. Le programme d’un dialogue politique doit être clairement défini, les objectifs, les sujets de discussion convenus, les intervenants et le temps de parole, les sujets exclus du dialogue  politique, etc sont énoncés au préalable. L’ordre du jour doit être approuvé et communiqué à l’avance.

A considérer les critères d’un dialogue politique, on voit clairement que la démarche qu’adopte le Président Patrice TALON, loin d’être un dialogue politique, est un discours égocentrique en ceci qu’il se place au centre de tout et adopte une posture injonctive dans le dessein d’imposer ses propres pensées, ses seuls arguments et  d’exiger ses seuls actes. Ce schéma nous met en face de la pensée unique distinctive de démarches antidémocratiques à visée non consensuelle.

Je voudrais évoquer quelques modèles d’un dialogue politique. Je parlerai des conditions préalables dans le cas de la Conférence Nationale de février 1990 et des conditions qui ont rendu possible en juillet 2019, le dialogue politique au Burkina Faso en guise d’approches.

Loin de proposer une Conférence Nationale bis, je voudrais inviter les décideurs politiques à s’inspirer ne serait-ce que de la démarche ayant conduit à cette assise historique pour la paix qu’est l’historique Conférence Nationale de février 1990 au Bénin.

Je rappelle à cet effet qu’il est déjà arrivé dans notre pays que le Président de la République, le Général Mathieu KEREKOU, ait  pris des décisions pour rendre effective la réunion des fils et des filles du Bénin sous la médiation du Clergé Catholique conduite par Monseigneur Isidore de SOUZA pour débloquer une crise politique, sociale et économique. Il n’y avait eu aucune effusion de sang.

Pour le faire, il a pris des décrets pour :

* Amnistier tous les exilés politiques

* Libérer les détenus politiques

* Dissoudre l’Assemblée Nationale Révolutionnaire (ANR)

* Renoncer à la doctrine de l’Etat PRPB qu’était le socialisme scientifique fondé sur le marxisme – léninisme…

On parle dans ce cas de la nécessité de réunir les conditions préalables propices à l’amorce d’une démarche de décrispation. Mais il y a aussi un cas récent et très actuel à coté de nous au Burkina Faso.

Le dialogue politique au Burkina Faso a respecté l’essentiel des conditions requises: la pensée, la structuration, la fixation d’un objectif consensuel, le déroulé et le pilotage. Le dialogue politique au Burkina Faso « … a pour vocation de contribuer au renforcement de la sécurité, de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de favoriser la réconciliation  nationale ainsi que la tenue d’élections démocratiques et apaisées » (Cf. Rapport de synthèse du Dialogue Politique au Burkina Faso, Ouagadougou, du 15 au 22 juillet 2019).

Ce dialogue politique a prévu les participants à raison de 20 participants de la mouvance et 20 participants de l’opposition ; le genre y est respecté avec 25% de femmes dans chaque groupe et 05 membres du comité préparatoire.

Deux personnes ont été désignées en les personnes de Monsieur Simon COMPAORE, chef de la délégation de la mouvance présidentielle et de Monsieur Zéphirin DIABRE, chef de file de l’Opposition pour co-présider les débats.

Un dialogue politique requiert un cadre institutionnel. Le Dialogue politique au Burkina Faso a été institué par « Arrêté No 2019-002/PRES du 15 juillet 2019, portant création, organisation et fonctionnement du cadre de Dialogue politique au Burkina Faso suite aux différentes concertations avec la Majorité présidentielle et le Chef de file de l’Opposition »

Un Comité préparatoire a été mis en place par le Chef de l’Etat et composé comme suit :

– Président : le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale ;

– Membres : deux représentants de l’Alliance des partis politiques de la Majorité présidentielle et deux représentants des partis politiques affiliés au Chef de File de l’Opposition politique ;

– Rapporteur : le Directeur Général des Libertés publiques et des Affaires politiques.

Tout ceci a été respecté par le Comité préparatoire inclusif qui s’est mis d’accord sur les points inscrits dans l’agenda du dialogue, le lieu, le calendrier et la durée.

Lorsque les conditions du Dialogue politique sont clairement définies et scrupuleusement respectées, il n’y a pas de raison que les protagonistes ne parviennent à un accord pour la paix et pour l’intérêt général.

En Démocratie, il n’appartient pas au Président de la République de dire qui va jouir des droits fondamentaux et qui ne doit pas en jouir. C’est la loi qui dispose de tels droits. Et la loi pour le faire doit être, non seulement l’expression des valeurs et des principes universels mais également, être en adéquation avec les critères normatifs et les exigences universelles techniques, morales, sociologiques, inhérentes au processus d’élaboration d’une loi.

Le Président de la République ne doit pas être l’interprète authentique de la loi. La loi doit pouvoir être compatible avec les exigences normatives et éthiques de l’Etat de droit et en adéquation avec les réalités sociologiques.

Que conclure?

* Sous le couvert de la réforme du système partisan, le pouvoir TALON vise le passage du régime démocratique à un régime dictatorial de type despotique.

* Pour y parvenir il a érigé un état de lois abjectes et iniques aux antipodes de l’Etat de droit.

* Par recours à la force et à l’utilisation criminelle des armes à feu, il a confisqué le pouvoir législatif au moyen d’un super – pouvoir, arraché avec la complicité de la Cour constitutionnelle par l’intrusion d’une pièce vectrice d’exclusion dite « certificat de conformité ».

* L’espace politique est militarisé, la démocratie est sans opposition et sans Parlement.

* Le Parti «Restaurer l’Espoir» (RE) n’a jamais été membre de la CDD (Coalition pour la Défense de la Démocratie). Une CDD minée, comme tout le monde le sait, par des conflits d’égos, de leadership, de petits calculs ambitieux, de prétentions de fortune ou de popularité auto-proclamée. Ceux qui ruminent en cachette des rumeurs à l’encontre du Parti «Restaurer l’Espoir» (RE), devraient avoir le courage de faire le bilan de la CDD qui, longtemps a pris la peau pour la chair et s’abstenir de chercher des boucs émissaires pour absoudre, certains leur gaminerie politique, d’autres leur hypocrisie politique et méchante jalousie.

* C’est parce que le Parti «Restaurer l’Espoir» ( RE ) a fortement contribué à avertir plusieurs personnalités de la CDD sur le danger que constitue l’intrusion du « certificat de conformité » dans le processus électoral que dans un élan de solidarité, le Président AZANNAÏ a accepté de lire, au nom de toutes les forces de l’Opposition, la déclaration du 18 février 2019 à l’Hôtel AZALAI de COTONOU en présence des Présidents Nicéphore Dieudonné SOGLO, Boni YAYI, de Madame la Présidente Rosine VIEYRA – SOGLO… Chacun doit se souvenir et reconnaître que c’est la première fois que le Président AZANNAÏ s’est affiché ainsi avec les autres opposants au pouvoir du Président Patrice TALON.

* Les formations politiques FCBE et USL qui tenaient le conflit de leadership au sein de la CDD n’avaient pas de récépissé provisoire. Ces deux formations n’étaient donc pas «dûment enregistrées» jusqu’au 18 septembre 2018, date de promulgation de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques en République du Bénin.

* C’est le 19 novembre 2018, soit deux mois après la promulgation le 18 septembre 2018 de la nouvelle loi portant Charte des partis politiques que FCBE et USL ont eu chacun un récépissé provisoire douteux et obsolète.

* Tel n’est pas le cas de «Restaurer l’Espoir» (RE), parti politique dûment enregistré sous le N° 082/MSPCL/DC/SG/DAI/SAAP-PP du 08 septembre 2006  soit depuis 13 ans.

* Si les responsables du parti FCBE (Théophile YAROU, Allassane TIGRI et consorts), le Professeur Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du parti PCB veulent être sincères, ils doivent reconnaître que c’est  dans le bureau du Président AZANNAÏ du Parti « Restaurer l’Espoir » ( RE ) qu’ils ont été informés par ce dernier de la promulgation de la loi portant Charte des partis politiques. C’est d’ailleurs le Président AZANNAÏ qui leur a donné copie du Journal Officiel dans lequel est publiée ladite promulgation.

* À plusieurs reprises, le Président AZANNAÏ a expliqué sa vision et sa lecture de la situation à savoir que:

– L’opposition et la politique ne doivent pas avoir pour mobile la protection des affaires personnelles, privées, des business, commerces et privilèges particuliers ;

– L’opposition et la politique ne doivent pas être le théâtre sans fin de règlement de compte, de recyclages revanchards de haines et de rivalités entre égos sur fonds d’émotions irrationnelles, d’obscurantisme et de querelles de personnes…

* Ce n’est pas parce qu’on a des griefs personnels contre un Président qu’on devient son opposant. La politique doit  avoir pour seul mobile l’intérêt général et l’amélioration des conditions de nos communautés, et l’opposition doit être la divergence de visions dans les approches autour de ce seul mobile.

* L’échiquier politique est bien codifié contrairement à ce que pensent certaines personnes. Il y a deux grands champs politiques. Le premier est la mouvance ou la majorité présidentielle ou encore le pôle présidentiel ou le pouvoir. C’est le seul champ politique qui a un propriétaire, le Chef de l’Exécutif ou le Président de la République. Le Président de la République ou le Chef de l’Exécutif est le détenteur exclusif du titre foncier de la mouvance présidentielle ou du camp présidentiel.

Mais le second champ, celui de l’Opposition politique dans le contexte béninois appartient à toutes les forces politiques qui ont décidé de combattre le pouvoir en place. Personne n’en est le propriétaire. Le peuple béninois tout entier et l’opinion hostile aux méfaits du pouvoir en place en sont les détenteurs exclusifs. Et ce peuple ne peut être confondu à aucun intérêt particulier, privé ou personnel.

* Donc l’opposition par essence est plurielle jusqu’au moment où elle sent la nécessité et l’utilité de se donner une forme organisationnelle et stratégique à laquelle seront assujetties les forces politiques qui y adhéreront sur des bases clairement convenues et ratifiées.

* Au-delà des gémissements sournois de certaines gamineries  néo – converties à la politique et de certaines hypocrisies et jalousies, il est clair que la politique encore moins l’Opposition en général et en particulier la Résistance Nationale contre les dérives exécrables du pouvoir dit de la rupture, ne sauraient être confondues à un club de rééducation d’adultes.

Est-ce à ce niveau qu’on doit apprendre à reconnaître un dictateur? Est-ce à ce niveau qu’on doit apprendre à choisir entre intérêt général et intérêt  particulier?

* Ceux qui provoquent ouvertement ou sournoisement des composantes du camp de la Résistance Nationale font le lit au despote en face.

* Le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE) a axé son combat politique autour de sa profession de foi qui est de « faire espérer le Bénin ». Son combat est totalement dédié à l’intérêt général et est inscrit dans un format absolu de non – violence fort de la certitude qu’une « armée de principes peut aller là où une armée de soldats, de kalachnikov ne peut pas » (Cf. Thomas Paine).

* Et puis chaque militant est instruit sur le fait que le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE) doit se méfier et se préparer sur l’échiquier politique : à la traîtrise possible à l’interne, à la jalousie inévitable des éventuels alliés, à la perfidie certaine du pouvoir et à la cruauté haineuse du despote.

* Pour le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE), le leadership de la Résistance Nationale échoit naturellement au Président Nicéphore Dieudonné SOGLO qui est de fait l’Aîné politique de la Nation. Il est une chance que la Résistance Nationale ait une personnalité de telle envergure politique et de telle densité intellectuelle surtout relativement au cours de l’histoire de la géopolitique des dominations et spécifiquement de notre histoire politique moderne et actuelle. Ce leadership est indiscutable.

* Le Leader de la Résistance Nationale est Nicéphore SOGLO et les figures de la liberté, de la paix sont celles des victimes innocentes dont le symbole mémorable est celle de Dame Prudence AMOUSSOU froidement abattue la nuit du 1er mai 2019 par les armes à la solde du despote.

* Pour le Parti « Restaurer l’Espoir » (RE), il n’existe plus aucun obstacle devant l’empêcher d’exister conformément aux dispositions légales. Nous ne sommes pas un nouveau parti. Nous ne sommes pas dans le format de constitution (comme tous les autres partis tous bords politiques confondus) mais  nous sommes dans un format de mise en conformité. Et nous n’avons aucune personnalité en conflit avec ni la loi, ni les bonnes mœurs. Nous sommes le symbole de l’éthique et de l’intégrité en politique chez nous en République du Bénin.

* Pour faire face victorieusement à un régime monstrueux, à une gouvernance mafieuse et de règlement de compte, le leader idéal doit s’empêcher de toute fixation schizophrénique sur lui-même, sur ses objectifs particuliers. Il doit se donner sans réserve en sacrifice à l’intérêt général.

 «Nul ne peut avoir la victoire, s’il ne comprend pas que l’objectif est de s’organiser pour soumettre l’adversaire et non pour soumettre les alliés.» (Cf. Candide AZANNAÏ)

Enfin, je voudrais insister sur ce qui est actuellement la priorité pour le peuple tout entier:

– Réhabiliter la mémoire des victimes innocentes.

– Libérer le pouvoir législatif.

– Rétablir la Démocratie et l’Etat de droit.

– Réconcilier la Nation.

La Résistance Nationale doit resserrer ses rangs et éviter les petites animosités intestines et inconscientes qui peuvent être sources de sa fragilisation. La fixation de la Résistance Nationale doit être la conception et l’adoption d’une stratégie intelligente, l’élaboration et la planification d’actions courageuses, une ligne forte de discipline et de solidarité à toute épreuve. (Cf. Gene SHARP)

Je ne saurai clore mon opinion sans magnifier la Présidente Rosine VIEYRA-SOGLO qui, en dépit de son âge,  continue d’être un exemple de détermination et d’engagement.

Je suis une femme et mon amertume est grande chaque fois que je revis l’image de Dame Prudence AMOUSSOU, cette Femme Martyre, victime innocente fauchée par les armes de la République sous les ordres du despote.

Je vous remercie.

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