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Culture

Identité culturelle africaine : Dah Attohoue Ahouangboîssan dit tout sur les sacrifices propitiatoires

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Promoteur culturel et Promoteur de l’Institut Vodun Miétonou, Dah Attohoué Ahouangboîssan est chercheur en valeur ésotériques. A travers cette interview, il parle de la présence des sacrifices propitiatoires sur les carrefours, leur bien-fondé, le contenu relatif aux divinités et le rapport avec le sacrifice de l’église catholique romaine.

Aujourd’hui, nous remarquons beaucoup plus de sacrifice à même le sol ou dans les calebasses sur nos carrefours. Que signifie cette pratique qui demeure inconnue de la majorité ?

Ce n’est pas une mode. C’est ce que j’appelle nos us et coutumes africaines. C’est aujourd’hui que tout le monde est moulé dans le système occidental et ses religions importées qui ont quelque part joués sur les résultats sur lesquels l’Afrique devrait se reposer. Et ce que nous retrouvons sur les carrefours au Bénin, c’est tout autre chose. Le Bénin est avant tout le siège de la spiritualité mondiale. Si on vient au niveau du catholicisme et qu’on veut en parler, on se réfère au Vatican, de même pour l’islam. Mais, s’il s’agit de parler de la culture Vodoun, c’est bien au Bénin qu’on viendra. Le Vodoun est  tout simplement la question dans laquelle nos ancêtres ont trouvé la réponse à la question de la vie. Et c’est dans cette cosmogonie que vous avez des approches de rituels appropriés à des domaines donnés. Ce que vous trouvez sur les carrefours, c’est ce que j’appelle à peu près les sacrifices à l’encontre de quelques entités qui vont servir à une expiation pour pouvoir renforcer une énergie dans une position. Quand vous retrouvez un sacrifice à un carrefour dans une calebasse, soyez sûrs que cela est destiné à des entités. Or l’entité est l’essence vibratoire qui est dans l’homme qui relie l’homme à la cosmogonie, l’homme et les énergies qui l’entourent.

Parfois on constate que ses sacrifices sont posés sur une double voie, un carrefour qui prend par 3 ou 4 voies. Veuillez bien nous l’expliquez. Est-ce par rapport à une divinité ou une situation donnée ?

Pour un initié ou un « Vodounon », je pense que la position des sacrifices dépend des rituels. Quand vous êtes face à un rituel qui va dans le sens de l’amour, la réconciliation, l’union, les deux voies et le sacrifice au milieu va directement dans le sens d’un travail conjugal, parce que les deux entités se croisent à un endroit et l’énergie appropriée qui doit les servir. Ce qui fait leur désharmonie est peut-être mis dans ce sacrifice qui va réorganiser ou harmoniser un peu la tension émotionnelle qui est en eux. Mais pour celui des 3 carrefours, comprenez là qu’il y a présence de trois entités qui sont en complémentarité, pour accomplir une mission d’ordre matériel ou humain. Par contre, les 4 voies font penser aux 4 points cardinaux.

Est-ce que le sacrifice se fait seulement au niveau des carrefours ?

Je voudrais bien commencer par la femme. Si on fait des sacrifices tous les mois pour l’harmonisation de l’humanité, la femme, sans se blesser, verse son sang. C’est déjà le premier des sacrifices que Dieu a créé, et c’est pour notre reharmonisation. Je veux aller plus loin, et ajouter que le mouton ne fait pas des menstrues, mais lui aussi procrée. Nous qui sommes directement en contact avec les entités qui nous gouvernent, le sacrifice de la femme  nous permet d’être debout. C’est selon la situation donnée, que le sacrifice est orienté.

Nous constatons souvent la présence de l’huile rouge dans certaines calebasses et des pièces rouges. Pourquoi une présence de rouge ?

Ça dépend du sacrifice. Le sacrifice est habituellement destiné à une divinité. Si cette divinité à pour redevance et pour matière l’huile rouge, vous verrez d’office de l’huile rouge ou même du atassi, et parfois des intestins d’animaux. Qu’est-ce qui se passe ? Le corps humain est un royaume d’organes qui a une position via les entités qui nous entourent par les divinités. Beaucoup m’ont posé cette même question à l’étranger. Pourquoi nous référons-nous à la nature ? L’Homme fini sa course sous la terre. Nous sommes terre, et nous retournons à la terre. Mais pour notre cursus, il nous arrive dans la vie de nous retrouver avec une énergie qu’est le sang. Cette eau représente le Sakpata. Même dans sa généralité, le corps représente la terre qui est Sakpata. Le sang représente le Tohossou ainsi que notre liquide sacré, le sperme. L’air représente le vodoun Dan et le Feu représente tout ce que nous avons comme énergie qui nous traverse chaque jour. C’est donc par redevance à ses divinités que le sacrifice est orienté. Quand il s’agit du hèviosso ou d’un problème spécifique lié à cette divinité, vous pouvez y retrouver dans son sacrifice, de l’huile blanche ou rouge. Lorsqu’il s’agit  des excréments, comprenez que le corps souffre de quelque chose. Au lieu que l’intestin de la personne soit donné au malfaiteur, on préfère envoyer celui d’un animal afin que le mal soit anéanti.

Quels sont les sortes de sacrifices qu’il y a ?

Il y a des sacrifices dans le Fà en général. Tous les signes du Fà que ce soit les grandes, les acarnes, les 16 ou les 256  en complémentarité, chacun d’eux à des sacrifices. Les sacrifices se différencient d’une divinité du Fà à une autre, donc chacune des divinités à son sacrifice.

Le fait que nous rencontrons des enfants qui se huent vers ses calebasses de sacrifices pour en ramasser les pièces, n’a-t-il pas de répercussion sur leurs vies ?

La cause divine même dire que ce que vous ne savez pas et vous l’approchez n’aura aucune conséquence sur vous. Ces enfants sont des innocents, et les entités savent bien à quoi sont destinés ces sacrifices.

Qu’en est-il lorsqu’un élément manque au sacrifice ?

L’homme ne vient pas de la machine. Il faut le comprendre. L’homme vient de la cosmogonie et les sacrifices. C’est directement en relation avec la cosmogonie. Le fait que quelque chose ait manqué ou pas, n’a pas de répercussion. Si la personne le sait pertinemment et le fait pour que l’aspirant qui vient vers lui soit un problème, alors je pense que les Karmas vont l’attendre sur son chemin. Donc tout ce que nous faisons se paient ici-bas.

Qu’est-ce que vous avez à dire à ceux qui ont peur de s’approcher de ces choses ou de jeter un regard sur çà ?

Ceux qui diabolisent, c’est parce qu’ils leurs a manqué de discernement. Ce n’est rien de sorcier, c’est notre identité culturelle.

Votre mot de la fin

Mon mot de la fin, c’est de demander aux gens de réfléchir pour voir s’il n’est pas temps que nous nous donnons une autre orientation sur  nos us et coutumes.

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