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Ratification de l’accord sur l’équipement et la réhabilitation des formations sanitaires : « Je voterai parce qu’il faut voter. Mais je ne vote pas par conviction… », dixit Rachidi Gbadamassi

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Science sans conscience. L’He Rachidi Gbadamassi en courroux au parlement a livré tout cru une vérité, qui bien que susurrée dans l’opinion publique, ne portait aucun cachet officiel. L’installation d’une législature composée de deux partis politiques soutenant tous deux les actions du gouvernement en place faisait craindre à nombre d’acteurs politiques, qu’elle manquerait de lucidité et surtout manquerait à son devoir de ‘’contrôle de l’action gouvernementale’’.

En prenant le contrôle de l’Assemblée nationale, les partis Union progressiste et Bloc républicain qui, par ailleurs, se sont arrogés plus d’une vingtaine de portefeuilles ministérielles contre vingt-quatre au dernier remaniement de Patrice Talon, peinent à remplir convenablement leurs cahiers de charges vis-à-vis du peuple qu’ils prétendent représenter. Exaspérer, c’est l’élu de la 8ème circonscription électorale, l’He Rachidi Gbadamassi qui lève un coin de voile sur le drame qui se joue au parlement béninois où les accords de ratification passent à un rythme accéléré, pendant que les résultats recherchés en ce qui concerne le mieux-être des Béninois laissent à désirer.

Le facteur déclencheur de la colère de l’élu du Bloc républicain est l’examen du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé le 20 mai 2019 à Cotonou entre la République du Bénin et la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc) dans le cadre du financement complémentaire du Projet d’équipement et de réhabilitation des formations sanitaires du Bénin. «Je voterai parce qu’il faut voter. Mais je ne vote pas par conviction. Permettez-moi d’être honnête monsieur le président. Je ne vote pas par conviction parce que les populations des départements du Borgou et de l’Alibori souffrent. C’est plus d’un million d’âmes. Les gens sont obligés de parcourir plus de 600 kilomètres pour venir à Cotonou pour se faire soigner. Et à chaque fois que je viens ici, on me demande de voter et je vote… », a déclaré Rachidi Gbadamassi qui se plaint de l’état dans lequel végète le Centre départemental hospitalier et universitaire Alibori/Borgou. Mais, au-delà de cette fixation sur le cas du Cdh-Alibori/Borgou, l’intervention de Rachidi Gbadamassi a le mérite de rappeler les députés de la 8ème législature à leur devoir : « …par rapport à la huitième législature, il faudra que nous mettions le paquet sur le contrôle de l’action gouvernemental ». Un pari qui n’est pas gagné d’avance.   

Le dictionnaire Larousse définie la conviction comme la conscience que l’on a de l’importance, de l’utilité, du bien-fondé de ce que l’on fait. Et si au parlement béninois, l’on en vient à voter sans conviction, cela nous renvoie à une certaine époque. « Au lendemain des indépendances des Etats africains, au nom du développement qui a exclu l’opposition du jeu politique et qui a instauré le Parti unique, le président de la République est devenu l’axe central autour duquel gravitent les autres organes que sont les organes attributaires du pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Les élections n’étaient plus concurrentielles et les députés n’étaient plus les représentants du peuple mais les obligés du président de la République… », a déclaré le professeur de droit public et de science politique, Théodore Holo lors d’un exposé sur le thème : Le parlement au cœur de la démocratie.

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Finalement, avec ces deux formations politiques de la mouvance au parlement, nous ne sommes pas loin de cette époque. Seuls des obligés peuvent se soumettre à des votes sans conviction. La démocratie béninoise est à la croisée des chemins.

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