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Opinions

Esae en coupe CAF, Chronique d’une qualification historique

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Dimanche 16 juin 2019, Esae remporte la coupe du Bénin devant Aspac 2-1, et composte son billet participatif aux éliminatoires de la coupe CAF. Au soir de cette journée, toute personne capable de miser une pièce sur l’accession de l’équipe universitaire à la phase de groupe serait traitée de folle. Esae n’est pas une grosse écurie du football béninois. Ce n’est pas une entité chargée d’histoires. Il était improbable d’imaginer que cette équipe allait réussir là où Énergie et les buffles – en c1- avaient échoué. Mais l’histoire sera toute autre.
Samedi 10 août 2019 Esae entame sa campagne des éliminatoires par un voyage en Mauritanie. L’équipe défie Snim, vainqueur aussi de la coupe de la Mauritanie. La plupart des joueurs découvrent ce niveau de la compétition. Entre l’Inquiétude de se faire dévorer à l’extérieur et la méconnaissance de l’équipe, les bleus étrillent 5-0 leurs adversaires avec notamment un doublé de Ulrich Dah Acheffon. Régal, récital, festival. On apprendra bien plus tard que l’AS snim a terminé avant dernier de son championnat et a remporté le trophée de la coupe sur un gros malentendu. Le large succès inattendu d’Esae trouve un début d’explication. L’adversaire n’était pas au niveau. Mais cela n’enlève rien à la satisfaction d’avoir fait le job. Deux semaines plus tard au stade René Pleven à Cotonou, les universitaires assurent l’essentiel avec une victoire facile 2-0, sans forcer leur talent. Devant eux, se dressent désormais les burkinabè de Salitas.
On connait la réputation du club burkinabè pour sa formation des jeunes talents. En peu de temps il a réussi à bâtir une réputation dans la sous-région. Vice-champion derrière Rahimo Fc(club formateur aussi) lors de la saison écoulée, le club avait à coeur de finir en phase de poule afin de placer quelques joueurs sur le marché des transports. Exempté du tour précédent, c’est en favorits que les burkinabès posent leurs valises à Cotonou. Finalement ce match aller sera à oublier rapidement pour les deux équipes. Il était insipide, aucune action à se mettre sous la dent. Exiger d’être remboursé après avoir pris son ticket, n’était pas exagéré. Bref, c’était un voyage au bout de l’ennui. Tout se jouera donc à Ouagadougou, dans la cuvette du stade du 4 août. Face aux assauts de Salitas, Esae oppose une rigueur défensive qu’on ne lui connaissait d’ailleurs pas. Score nul et vierge sur l’ensemble des deux matches, la séance des tirs aux buts devient obligatoire. Les universitaires performent dans l’exercice en réussissant 5 tirs contre 3 pour les académiciens. Un sans faute qui envoi Esae au tour de cadrage.
Esae est entrain d’écrire son histoire sur le continent, son coach Bio Richard renforce un tout petit peu sa légende. Mais dans cette ferveur le président Clément Adéchian avoue qu’il est axphixié financièrement. Quand il fait le compte, il conclue que seuls les clubs corporatistes peuvent vraiment s’engager dans une campagne africaine.
Pour ce tour de cadrage Esae hérite de Génération Foot du Sénégal. Tout le monde est conscient que le niveau est plus élevé. Une élimination d’Esae ne serait pas un scandale. De toutes façons, venir au tour de cadrage était déjà héroïque. Mais c’était sans compter sur Alfred Linkpon, Marcel Dandjinou et tous les autres. Ils ont décidé de pouser leur outrecuidance, leur impertinence, un peu plus loin. À Thiès, Maxime Kokpon marque l’unique but de la partie sur une frappe limpide que n’aurait pas renié Sadio Mané, lui-même, issu de la formation de Génération foot. Malgré cette victoire il fallait se méfier de cette équipe du Sénégal qui a quand meme sorti le Zamalek au tour précédent. Lors de la Can, le bénin a vu son épopée s’estomper face aux lions de la Teranga. Lors du dernier tournoi de l’ufoa, c’est encore le Sénégal qui élimine les poulains de Moussa LATOUNDJI. Il fallait donc aborder ce match retour sans tenir compte du succes à l’aller.
Mardi 5 novembre 2019, le jour de gloire est enfin arrivé. Esae est dans son match durant les 15 premières minutes avant de baisser peu à peu la garde. Alfred Linkpon aurait pu ouvrir le score dans les premiers instants, si sa reprise sur un ballon repoussé du gardien ne s’envolait pas au dessus de la transversale. Les sénégalais prennent de la confiance et ouvrent logiquement le score à la 40è par Alfred Bougazelli, entré quelques minutes plus tôt en jeu. À la reprise c’est plutôt une histoire de gris-gris qui retiendra les attentions. Les béninois accusent les sénégalais de faire usage de talismans. On aurait pu dire que c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Que non! L’arbire a même contraint César Gueye de jeter ce qu’il avait sur lui. La photo du talisman de ce dernier fera rapidement le tour des réseaux sociaux. Entre temps le score n’a pas changé jusqu’à la fin de la partie. Vient alors la séance des tirs aux buts. Marcel Dandjinou fait deux arrêts, son alter ego sénégalais n’en fera qu’un.
Esae se qualifie pour la phase de poule. Historique pour un club béninois depuis la nouvelle formule de la compétition. En 6 matches, Esae marque 8 buts contre 1 concédé. La liesse qui a suivi au terme de la rencontre en dit long sur l’exploit de ses nouveaux héros du football béninois. D’ailleurs grâce à cette pperformance, dès la saison prochaine, le Bénin aura deux représentants dans la compétition.
S’il y a un autre héros à célébrer et déifier c’est bien Bio Richard. Discret et effacé il a su façonner une équipe dont il est pratiquement devenu le « gourou ». Une équipe avec une envie de jouer et des joueurs qui le lui rendent bien. La FBF doit penser à lui confier une de nos autres selections nationales, au cas où un vent de changement soufflerait, sur l’un des encadrements techniques. Lui au moins a prouvé et ne suscitera peut être pas de polémique. Ça changerait des nominations fantaisistes où un entraîneur peut se retrouver être l’adjoint d’un moins gradé que lui ou un autre qui se retrouve préparateur physique alors qu’on le connaît comme coach. Maintenant si on est meilleur parce qu’on a prouvé et gagné là où les autres ont perdu alors entraineurs du bénin votre référence désormais a un nom : Bio Richard. Je ne sais pas s’il a des vilains plaisirs mais si j’étais à sa place hier, en soirée, ce sera cigares, champagnes et putes pour moi.

Par François-d’assise AMASSIWAN

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