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Bénin/Réforme du système partisan: l’ancien ministre Gustave Sonon explique le choix du parrainage des candidatures à la présidentielle

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L’ancien ministre béninois des travaux publics de Boni Yayi, membre fondateur du parti Bloc Républicain soutenant le gouvernement du président Patrice Talon, s’est expliqué sur les innovations contenues dans le nouveau code électoral voté par les députés de la 8ème législature. Gustave Sonon a donné son opinion sur la question des parrainages que d’aucuns trouvent discriminatoire, exclusive.

Lire un extrait de son intervention sur la chaîne Binew.

Quand on prend cette loi qui a été modifiée, il y a la question du parrainage qui crée un peu de polémique. Qu’est-ce qu’on règle exactement comme problème ?

Là encore, les initiateurs n’ont fait que normaliser ce qui existait dans l’informel.Pour lesélections présidentielles, il y a toujours un groupe qui décide d’un candidat. Ça a toujours été ainsi mais vous ne voyez pas. Si on a la multiplicité des candidatures, c’est une technique pour fractionner les voix pour permettre qu’on puisse aller au second tour puisque tout le monde sait que l’élection est régionale chez nous, les populations voient beaucoup plus le fils du territoire. Multiplier les candidatures permettait donc de casser les voix pour aller au second tour. Quand on y va, on assiste à des jeux d’alliances pour pouvoir reporter les voix pour souvent rechercher différents postes etc. Cela se joue dans l’informel et ça ne se voit pas. Je dis donc que le parrainage est une responsabilisation désormais de ceux qui décident et ils seront à visage découvert, ce qui est également bien. Depuis 1991 si nous avons connu d’avancé ou d’échec, est-ce qu’on est capable d’imputer la responsabilité à un parti politique ? Non. C’est lié à des individus. On élit un président et 5 ans après, on dit qu’on n’est pas d’accord. Si on prend la première mandature, celle de Soglo, c’est avec enthousiasme qu’on l’a élu au pouvoir et malgré qu’il était malade on a souhaité qu’il résiste mais déjà en 1996, nous sommes les mêmes à dire non et on a préféré ramener le Président Mathieu Kérékou. Ceux qui l’ont ramené deux ans après ont estimé qu’ils s’étaient trompés encore. J’ai l’habitude de dire que les vrais leaders politiques qui n’arrivent pas à faire une prévision dans le court terme ne sont pas sérieux. On ne peut pas dire qu’après un an ou deux ans qu’on s’est trompé. Maintenant, on veut responsabiliser les partis politiques et demain si ça ne marche pas, on saura que c’est tel parti politique. Le seul hic et il faut le reconnaître, est le contexte dans lequel les élections législatives d’avril 2019 ont été organisées où nous n’avons pas réussi à avoir toutes les tendances. Mais tout peut s’ajuster avec le temps. C’est pour cela que le parrainage ne s’est pas limité au niveau des députés, c’est allé au niveau des maires. Mais avec l’expérience, il faut voir s’il ne faut pas l’étendre au niveau de tous les élus locaux. On ne peut pas prendre les aspects isolément. Le parrainage n’est pas venu tout seul. Il est venu avec le statut de l’opposition. Or vous savez que dans le contexte actuel, c’est difficile de faire l’opposition puisque vous n’êtes pas sans savoir que critiquer un pouvoir en place n’est pas chose facile parce que l’objectif de tout système politique ou régime politique est que celui qui a le pouvoir cherche à le conserver par tous les moyens et celui qui ne l’a pas, utilise tous les moyens pour pouvoir l’arracher. Malheureusement chez nous en Afrique, l’opposition pense qu’il faut des moyens forts pour renverser et c’est cela qui crée un peu de problème.

160 élus pour décider de qui pourra être le président de la République. Est-ce que vous pensez que nos élus ont la carapace nécessaire en termes d’intégrité, d’indépendance ? C’est vrai que nous luttons ardemment contre la corruption.  Pensez-vous qu’on peut leur faire confiance ?

Je préfère qu’on fasse confiance aux élus. Et quand vous parlez de 160, je vous ai toujours dit que dans l’ombre, vous ne savez pas comment les gens sont candidats. Généralement à chaque élection présidentielle, il y a au moins quatre candidats de taille. Mais ils ont toujours l’aval des élus locaux. Le monde est gouverné par des lois et généralement on parle de la loi de ‘’parito’’ (c’est-à-dire 20% du produit que vous vendez contribuent à 80% de votre chiffre d’affaires) souvent appliquée en commerce. Cela voudra dire qu’il vous suffit de vous occuper correctement de ces 20% et vous avez déjà la grande partie de ce que vous cherchez. De la même manière, ça a toujours été une petite portion. Aucun président de la république n’est venu ex-nihilo comme ça mais vous n’avez jamais la certitude pour savoir si c’est tel groupe ou tel autre. En France, on ne voit pas les individus. Si ça ne marche pas on dit que c’est la faute aux socialistes ou aux libéraux. Mais chez nous, on n’arrive pas à le faire. On y va là et je suis convaincu qu’il y aura un peu de grincement de dent mais ça va s’ajuster. Je dis que je regrette. Les dix partis auraient pu participer aux élections et le paysage serait clair mais il y a les communales de 2020 où l’opposition aura certainement 10%, c’est mon souhait. Et ce système de parrainage nous permet également de limiter le nombre de candidats.

Est-ce qu’on ne risque pas d’avoir des cas de figure de ce qu’on avait au regard de la loi, un ou deux candidats pour les présidentielles ?

Non, s’il faut respecter la loi, il faut le faire. J’ai l’habitude de dire qu’il faut être flexible en ce qui concerne l’application des lois si c’est une transition. Mais si tel est le cas, si je prends la 8ème législature, elle nous permet d’éviter le vide juridique. Si elle n’était pas là, le vide juridique a un coût que personne n’arrive pas à évaluer.

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