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Conférence de haut niveau sur la dette en Afrique : de nouvelles révélations sur les dessous de la rencontre de Dakar

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Sur invitation de la nouvelle Directrice du FMI Kristalina Georgieva, neufs Chefs d’État de l’Afrique de l’Ouest s’étaient retrouvés à Dakar les 2 et 3 Décembre 2019. Dans une publication sur son site officiel, la Lettre du Continent a livré les dessous de la rencontre de Dakar.

Depuis quelques temps, le Fonds monétaire international (FMI) mène une campagne active contre le système des garanties souveraines, utilisées par de certains Etats africains pour masquer leur niveau réel d’endettement. Une situation qui préoccupe sérieusement le FMI. C’est dans ce cadre que des négociations ont été lancées par la nouvelle directrice du Fonds, Kristalina Georgieva, avec plusieurs pays de la sous-région. Un sujet qui selon la Lettre du Continent, « a été longuement abordé dans les coulisses de la conférence de haut niveau », organisée les 2 et 3 décembre à Dakar. Rencontre à laquelle des Chefs d’Etat du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, de la Côté d’Ivoire Alassane Ouattara, du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré et du Bénin Patrice Talon, ont pris part.

Selon les informations publiées par la Lettre du Continent, « les garanties souveraines sont largement utilisées dans les contrats d’énergie ou de BTP. L’Etat s’engage sur un montant d’achat envers le promoteur d’une centrale ou d’une raffinerie et l’entreprise, forte de cette promesse, emprunte sur les marchés internationaux. »
Pour les pays africains qui font recours à de telle méthode, il ne s’agit que d’une caution. Mais pour le FMI, ces garanties sont comptabilisées comme de la dette, au même titre que les emprunts internationaux. « Une classification que les Etats Ouest-africains ne respectent pas toujours contrairement aux missions du Fonds, qui font régulièrement apparaître des garanties qui ne figurent pas au passif des comptes d’Etat.  »

Ainsi, au regard de l’augmentation drastique du niveau d’endettement en Afrique de l’Ouest, le FMI a donc entrepris des négociations directes avec certains pays de la sous-région, aux premiers rangs desquels la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo et le Liberia. L’objectif visé selon la Lettre du Continent, est de « limiter le recours aux garanties, voire suspendre des assurances données à certains opérateurs économiques et que le FMI juge indues. »

Le BTP, la véritable préoccupation

Les discussions entre le FMI et les Chefs d’Etat présents à Dakar ont particulièrement visés le secteur du BTP. Un secteur qui selon la publication de la Lettre du Continent, « fait un usage de plus en plus immodéré des garanties. » C’est le cas du groupe Ebomaf (Entreprises Bonkoungou Mahamadou et fils) qui a ainsi obtenu plusieurs marchés assortis de garanties d’Etat. « George Weah, le président du Liberia, a octroyé un contrat de 500 millions $ à Ebomaf pour des projets routiers de 337 kilomètres assorti d’une assurance de l’Etat libérien. Même chose en Côte d’Ivoire, où Ebomaf dispose d’une garantie de 179 milliards F CFA (272 millions €) pour des chantiers dans le nord du pays », nous apprend le journal sur son site officiel.

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