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Littérature

Fernand Nouwligbèto, Jury du Grand Prix Littéraire du Bénin: « le style de certains auteurs est expressif d’un travail … »

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Le président du jury du Grand Prix Littéraire du Bénin, Fernand Nouwligbèto s’est exprimé sur les observations à retenir des ouvrages mis en compétition.  

Il y a des observations que je qualifierai de positives.  Les œuvres primées ont été toutes éditées par des maisons d’éditions locales. C’est la preuve que les maisons d’éditions béninoises sont capables de révéler des écrivains béninois de talents. Deuxièmement, la fabrication matérielle des livres éditées  connait une amélioration progressive qu’il faut saluer. Les œuvres primées sont de qualité éditoriale appréciable même si nombre d’insuffisances persistent telles que la qualité du papier parfois en deçà de la moyenne, les défauts dans la mise en page, les problèmes d’ancrage, les nombreuses fautes de langue et de style.

Même s’il y a tout cela, les maisons d’éditions font des efforts pour mettre à la disposition des lecteurs, nationaux et internationaux des produits livresques acceptables. Par rapport aux observations moins roses, premièrement l’écriture poétique est encore peu connue et maitrisée. La poésie n’est pas l’art d’aller à la ligne. Elle implique un état d’âme particulier, un travail profond sur la langue qui puise dans le mot, l’image, le rythme, les ressources nécessaires à l’expressivité.

C’est ainsi que le poète parvient à communiquer à l’âme du lecteur la beauté des lettres, des sons et des images.  Deuxièmement, certaines œuvres se présentent comme des ramassis de bonnes intentions ou des condensés de morales. Certes, la littérature ne rejette pas l’éthique. Mais elle est d’abord esthétique. Elle est d’abord un travail constant sur la langue. Troisièmement,  le style de certains auteurs est expressif d’un travail d’écriture précipité, improvisé et rapide. Ecrire est un travail exigeant qui demande un minimum de disponibilité, de patience et de persévérance.

On peut aussi relever que sur les 15 œuvres en lice, presque la moitié, précisément 7 ont été éditées en 2019 parfois à quelques semaines de la date de clôture des dépôts de candidature pour concours. Quatrièmement, le concours selon nous aborde trop de genres littéraires à la fois. Il ne permet pas de focaliser l’attention sur les œuvres promues. Ce qui rend moins visibles les auteurs. Cinquièmement, le concours semble porter sur la littérature pour adulte et la littérature en langue française (…).

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