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Bénin/Sauvegarde du patrimoine national : le Petit Musée de la Récade reçoit 28 novelles œuvres ce vendredi

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Le Petit Musée de la Récade de l’espace d’art et de culture Le Centre
va officiellement accueillir, dans l’après-midi de vendredi 17 janvier
2019, 28 nouvelles récades, sabres et objets de culte fon, offerts par
le collectif des antiquaires de Saint-Germain-Des-Prés, mécène dudit
espace.
Au dire de Dominique Zinkpè, président d’honneur du Centre, une riche
manifestation artistique sera organisée à l’occasion de la réception
de ces œuvres, à laquelle prendra part une forte délégation des
donateurs ainsi que le ministre de la culture, Jean Michel Abimbola et
des autorités politico-administratives de la Commune d’Abomey-Calavi.
« La collection du Petit Musée de la Récade s’agrandit. Là encore,
ils-les auteurs de cet acte et Le Centre ont réussi à réunir 28
nouvelles pièces. Mr Vallois et sa suite viendront avec une équipe
d’environ douze personnes pour célébrer une remise d’objet anciens aux
Béninois via Le Centre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de
presse le lundi dernier au Centre.
En effet, Le Centre fut créé en 2015 sur initiative du galeriste
Robert Vallois et du collectif des antiquaires de
Saint-Germain-Des-Prés. Et depuis son inauguration, les initiatives de
retour, sur leur terre d’origine, de récades et d’objets traditionnels
de la Récade se sont poursuivies au sein du Petit Musée. Parlant des
mécènes, Dominique Zinkpè précise : « qu’ils ont fait un travail
colossal pendant environ cinq ans pour investir et ont été à l’affût
de toutes les récades des rois du Dahomey qui sont en circulation ou
en vente publique ».

Le Petit Musée de la Récade

Conçu par l’architecte français René Bouchara, le Petit Musée de la
Récade est le seul établissement au monde consacré à ce symbole de
pouvoir. « Toutes les pièces ne sont pas historiques », comme le
souligne Robert Vallois, mais elles sont « fantastiques ». Parmi les
plus remarquables, on compte une récade royale représentant un requin,
symbole héraldique du roi Béhanzin (fin XIXème siècle). Ou celle en
ivoire surmontée d’une tête de lion du roi Glèlè et dont le manche
porte une ancienne étiquette manuscrite qui indique qu’elle aurait été
découverte près de son tombeau en 1892. Remarquable aussi le trône
d’apparat riche de son iconographie et de la sculpture de ses
accoudoirs, datant de la fin du XIXème siècle et provenant de Benin
City, ancienne cité royale d’Edo située au Nigéria.
Aux côtés de ces récades anciennes se retrouvent 31 récades
contemporaines réalisées par les artistes du Centre dont Gérard
Quenum, Niko, Benjamin Deguenon, Azebaba, Tchif, Edwige Aplogan, King
Houndekpinkou, Kossi Aguessy, Dominique Zinkpè et bien d’autres.  « Le
retour de nos vestiges, les récades de nos Rois en terre natale, a
impressionné et continue sans cesse de réveiller la conscience de nos
publics. Que cet effet perdure dans le temps ! Notamment pour la
jeunesse qui ignore presque tout de son histoire », a déclaré Marius
Jidé Dakpogan, Conservateur du Petit Musée de la Récade.

La Récade, toute une histoire
Spécifique au royaume du Dahomè, la Récade est l’un des sept symboles
d’autorité du souverain fon. Ce bâton de commandement était utilisé
par les rois d’Abomey, entre le XVIIème siècle et le début du XXème
siècle, aux temps des échanges commerciaux avec le Portugal. « Le
terme vient du portugais ‘’recado’’, qui veut dire message », explique
Bajidé Dakpogan, le conservateur du Petit Musée de la Récade. En fon,
la langue d’Abomey, on dit ‘’mankpo’’, bâton de la rage.
La Récade représente l’autorité royale. En temps de guerre ou pour
convoquer un sujet, il était remis au messager pour authentifier
l’origine du message. La récade sert aussi comme instrument de danse.
Le roi saluait le peuple avec et il rythmait le début des danses à la
Cour royale. L’usage était très codifié : accrochée à l’épaule gauche
et tenue par la main droite. Selon les sources orales du Danhomè,
rapportées dans l’ouvrage de l’ethnographe Alexandre Sénou Adandé, la
naissance de la récade résulterait d’un affrontement entre les
Houegbadjavi et les Agassouvi. Surpris pendant leurs travaux
agricoles, les paysans durent s’armer de manches, de houes pour
combattre et vaincre leurs ennemis. L’outil agraire, devenu arme,
devient à son tour objet de parade quand, flanqué à l’épaule, il
rappelle aux adversaires leur victoire et leur courage.
Au fil du temps, la récade est devenue un élément essentiel du
royaume. Elle est l’insigne du pouvoir royal, en tous lieux et en tout
temps, même après la mort du roi. Entre 1600 et 1900, 14 souverains,
dont une femme, se sont succédés. Chacun a un ‘’nom fort’’, devise de
son règne et tiré d’une phrase allégorique liée à ses qualités, sa
vision politique ou ses projets. Ce ‘’nom fort’’ est présent sur la
lame en métal de leur récade, plus ou moins finement sculptée, le
motif variant selon l’emblème.

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