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Une réforme de mauvaise odeur

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Des réformes brillent dans le système éducatif béninois comme des jets d’étincelles. Elle sont multiformes et variées et visent essentiellement la bonne santé du secteur. L’énergie que dégage le gouvernement actuel pour panser la plaie de l’école béninoise est louable mais quel bilan peut-on faire à l’heure actuelle ?

Le vendredi 27 décembre devant les parlementaires, le Chef de l’État s’est décerné un tableau de satisfaisant. Pour lui, les enseignants vivent désormais mieux. Une erreur de jugement. Dans le rang des acteurs, tout n’est pas si rose. Bien au contraire. C’est est un gémissement total, une vie professionnelle aigre causée par les réformes mises en place par l’actuel système politique. Ils nagent dans un océan de frustrations. En effet, les réformes à elles seules ne suffisent pas pour faire fonctionner l’école. Le maillon essentiel de la chaîne éducative est l’enseignant. Le seul carburant dont il a besoin pour travailler excellemment est la motivation. Un élément qui tarit dans ses veines et aucune réforme paperasse ne pourra le régénérer.

Les enseignants confiés cette année à l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), ont encore les cœurs battants, en attendant le virement de leur salaire à la fin de chaque mois, à l’instar du candidat qui écoute la proclamation des résultats d’examen sur les ondes radiophoniques. D’aucuns sont obligés de prier leur Dieu, afin que la banque se souvienne d’eux. Dans cette ambiance de mauvais son, éclore les germes d’une nouvelle réforme monstrueuse.

Toujours à l’étape de gestation, elle fait peur au monde enseignant; sinon, elle le pèse et l’enfonce dans une lumière opaque, le trempant dans un vase de frissons et de malaises inédit. Pourquoi confier les enseignants à une agence privée ? C’est une question émanant du cœur des enseignants signe d’une affliction extrême qui doigte le gouvernement dans une manque de volonté à améliorer la condition salariale de ceux-ci. Une agence aura une lourde charge à sa disposition. Où trouvera-t-elle de bourse pour régler ce colis aussi pesant que la tête d’éléphant ? Pourquoi ne pas augmenter le taux salarial de ces braves gens armés pour forger le devenir des fils de la nation avec cette caisse mise à la disposition de cette agence privée ? Des questions sous-jacentes de l’initiale qui se rangent les unes derrière les autres pour aller dire aux réformistes d’éteindre le feu des frustrations.

Mieux vaut doser la motivation, réel carburant de la machine enseignante.

✍🏿 Raphaël ZOSSOUNGBO

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