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Bénin: la réforme du système partisan dans du sable

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Les démissions et adhésions tous azimuts dans le rang des partis politiques dits exemplaires du régime du Nouveau départ prouvent à suffisance que la réforme du système partisan est bien bâtie sur du sable. Mise en oeuvre, non pas, par l’homme imprudent comme on pourrait le lire à travers les saintes écritures, mais l’homme dont la vision aussi noble qu’elle fut au départ, a été corrompue par la saveur, je dirai les délices du pouvoir.

En réalité, la mise en oeuvre du multipartisme intégral instauré depuis l’historique conférence nationale de février 1990 a donné lieu à une pagaille et si on y prenait garde, pouvait mettre en péril le modèle démocratique tel que pensé par les pères de ces assises nationales. L’assainissement était donc réclamée et voulue par tous les acteurs. Faire en sorte que les partis politiques soient plus représentatifs est devenue une préoccupation nationale.

Malheureusement, dans la mise en oeuvre des différentes lois censées apporter le salut, les acteurs politiques ont péché. L’idéal a cédé place à la « ruse » et à la « rage ». Et en lieu et place, la réforme du système partisan a presque semé le chaos. Le sang a coulé, souillant ainsi le parlement, une première de son histoire, à l’occasion des élections législatives du 28 avril 2019. La réforme du système partisan a donc « fragilisé » voire « saccagé » le modèle démocratique qui faisait la fierté du Bénin. La preuve la plus évidente est l’installation d’un parlement où seuls les partis soutenant les actions du président Patrice Talon sont représentés à savoir le Bloc républicain et l’Union progressiste.

Mais au finish, personne ne sera responsable. Une loi d’amnistie et la page est tournée au dépens des nombreuses victimes. <<Tout changement donne lieu à de la résistance>>. Une justification banale de certains acteurs aveuglés par le pouvoir et qui font une insulte à l’histoire politique de leur pays. Le plus grand changement politique que le Bénin ait connu, c’est le passage sans effusion de sang d’un régime révolutionnaire, autocratique à un régime démocratique. Hommage donc à Mathieu Kérékou, Mgr Isidore de Souza et à tous les artisans de cet exploit pour ce sacré chemin tracé. On s’en souviendra sur plusieurs générations avec autant de fierté.

C’est cela le sens de l’Etat, de la responsabilité. C’est cela l’amour pour la patrie. Je ne dirai pas autant de la réforme du système partisan qui, pour le moins qu’on puisse dire, a apporté plus de peines que d’avancées.

Qu’est ce qui a marché à la conférence nationale ? Le dialogue, le consensus, l’humilité. Qu’est-ce qui n’a pas marché à la mise en oeuvre de la réforme du système partisan? L’exclusion, le manque de dialogue et de consensus. Quels sont les résultats issues des premières heures de la mise en œuvre de ladite réforme: 13 partis politiques créés en moins d’un an. Soit 130 partis politiques à peut être créer en 10 ans et 260 en 20 ans. Alors que, 29 ans après la conférence nationale, l’on se plaignait d’avoir plus de deux cents partis politiques. Au nombre des résultats, on pourrait également parler de mis à mal de l’unité nationale. Jamais le Bénin n’a été secoué en cette matière, malgré l’existence des micros partis politiques. Et pour boucler la boucle, les deux formations politiques soutenant les actions du chef de l’Etat, les seuls à compétir pour les dernières élections législatives ne sont en mesure de mobilier 10% des suffrages. D’où la question fondamentale : Qu’est-ce que le pays a fondamentalement gagné avec la réforme du système partisan? La question du quitus fiscal, l’une des plus grosses innovations n’est plus de rigueur pour le compte des éléctions communales. Le candidat peut l’obtenir sous réserve. C’est à dire à crédit. Que reste-t-il dans ce panier à crabes dit  »réforme du système partisan ».

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