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Politique

Crise au sein du parti FCBE: intégralité du message de Boni Yayi

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« Je commencerai par souhaiter de nouveau, à la nation entière, et à vous militants FCBE en particulier, ce qui me parait le plus capital : la santé et la paix dans vos foyers et pour notre nation.
Après les mesures, connues de tous et, qui m’ont conduit à me voir imposer un traitement dégradant et illégal ayant affecté mon état de santé, je suis reconnaissant de votre accompagnement tout le long de cette épreuve et ma réadaptation sanitaire.
Les échos qui me parvenaient sur notre famille politique, me laissaient craindre une atmosphère délétère où des frères et sœurs ayant concouru à quatorze (14) années de cohésion et de victoires politiques, notamment dix (10) années de gestion de l’Etat, en arrivaient à ne plus se parler que par injures, accusations, et invectives humiliantes et indignes des exemples que nous devons incarner.

Cette situation nécessitait en toute urgence, mon implication personnelle pour ramener la cohésion au sein de notre famille, et apaiser les militants, réels propriétaires de notre parti.
Je suis profondément reconnaissant de l’humilité des uns et des autres, qui a permis de faire asseoir dans une même salle, les protagonistes de la situation de crise naissante.

1- Oui, il faut le reconnaître, notre parti est menacé par une main extérieure, et le nier serait le début d’une réelle crise au regard de notre envergure sur le plan national.
Ce premier pas a été matérialisé par l’hymne national chanté à l’unisson et le constat que nous nous parlions encore avec courtoisie.

2- Oui, il faut avouer que des confessions et des concessions ont été faites de part et d’autre.
3- Oui, il faut avouer qu’une crise de confiance déchirait les dirigeants de notre famille politique et risquait de perdre nos militants déjà courroucés par notre exclusion injuste des élections législatives de 2019, dont nous peinons à sortir des dégâts humains et socio-politiques.

Les séances qui ont suivi cette séance de réconciliation sanctionnée par un communiqué, ont permis de clarifier certaines situations au regard des confessions faites.
Pendant que nous nous croyions rétablis dans nos droits relativement à notre reconnaissance légale confisquée et dénoncée, nous découvrons par la suite comme première confession, que le récépissé récemment et finalement délivré, est le fruit d’une entorse à nos statuts.
En effet, aucune réunion du Bureau Exécutif National ou aucun Congrès préalables, n’ont abouti à la modification, en cercle restreint et de manière profonde, des statuts, du Règlement Intérieur, et du Bureau Exécutif National. L’implication anormale et la responsabilité du Ministère de l’Intérieur dans le processus sont ici également questionnées.

Au-delà de cet inceste institutionnel, les incohérences entre les deux textes ci-dessus les rendent indignes de notre longue expérience politique, inapplicables, et trahissent une précipitation, aussi confessée.
L’esprit de notre famille politique ne peut s’accommoder de la confiscation frauduleuse et abusive des pouvoirs par une seule personne, fut-elle Premier Responsable du Parti, qui cumule les pouvoirs des autres organes au point de se substituer à eux, et/ou décider de leur fonctionnement.

Quatorze (14) années d’existence et de victoires politiques, ne méritent nullement l’indignité de découvrir que des militants accueillis en cours d’existence et hissés à des hautes fonctions étatiques et au sein du parti, essayent de commercialiser notre famille politique.

Quatorze (14) années de fidélité croissante de nos militants ne méritent pas de découvrir, que des manœuvres sont orchestrées pour que le parti devienne le réceptacle d’une entente incestueuse, aux fins de porter de manière commerciale et tarifée, des candidats de la mouvance pour les élections communales et municipales à venir.
Notre parti a payé par son exclusion, et les atteintes aux droits fondamentaux de ses militants, le prix fort de notre appartenance à l’opposition que nous incarnons majoritairement.

A croire que la délivrance du récépissé est faite pour servir de parti refuge aux personnes qui ne trouveraient pas de positionnement au sein des deux principaux partis du gouvernement et de son Chef.
La Responsabilité morale qui est mienne, en ma qualité de fondateur de notre famille politique, m’impose de m’en remettre aux militants, réels propriétaires du Parti Forces Cauris pour un Bénin Emergent.
Le Devoir institutionnel qui est le mien est de recommander, conformément à l’exigence majoritaire des militants sur le terrain, privés des documents d’origine, en toute urgence, une session extraordinaire du Bureau Exécutif National aux fins de convoquer avant le scrutin Communal du 17 mai 2020 un Congrès extraordinaire du Parti FCBE.

Nous ne donnerons jamais notre caution à tous ceux qui s’écartent de la ligne politique du Parti retenue ensemble au Congrès de Parakou.
Le Parti est inscrit dans la grande famille de la « Résistance » depuis l’exclusion de nous tous des dernières élections législatives de 2019 et le Congrès doit pouvoir se prononcer sur cette question, en plus de son ouverture aux forces et personnalités dudit creuset de lutte pour la restauration de notre démocratie et une meilleure gouvernance.

Le Congrès doit pouvoir statuer sur le comportement à adopter sur la question de notre existence légale au regard des échéances à venir.
Le Congrès sollicité par les militants viendra à point nommé. Il doit pouvoir définir et enraciner l’orientation politique de notre Parti selon moi, pour ne pas nous rendre complices naïfs ou marchandés de la situation de crise politique, économique et humanitaire continue dans laquelle végète notre pays. C’est le lieu de rappeler aussi que le manque de consensus et l’exclusion des opposants lors des dernières élections législatives toujours rejetés, se poursuit malheureusement dans le cadre du processus qui doit nous conduire aux prochaines Elections communales.

Et ce processus est marqué par l’absence totale des opposants à toutes les étapes. Cette même opposition ignorée dans les organes chargés de l’organisation des Elections communales et municipales. Il se pose là le questionnement de la transparence du scrutin alors que se poursuit la parodie des élections Législatives non-inclusives qui a débouché sur un bain de sang, des emprisonnements arbitraires et des exilés politiques.
Nous n’oublierons jamais la mémoire des disparus. Avons-nous accepté ce qui s’est passé ?

Chers compatriotes

Ne perdez pas confiance en notre capacité à surmonter cette crise. Je lance un appel à un meilleur fonctionnement des Institutions et organes de notre Parti qui doivent jouer leur rôle.
FCBE, le premier parti politique d’opposition du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest doit maintenir son identité et sa ligne politique. Je lance un appel à tous pour la discipline de groupe et rappelle à ceux qui s’écartent de la ligne du parti de se ressaisir pour le combat en symbiose avec les autres formations politiques pour le retour de notre démocratie dans notre pays. Sans cette démocratie, il ne saurait y avoir de développement partagé.

Chers compatriotes, chers militants FCBE, le Bénin se porte mal.

Nul dirigeant n’est, seul ou accompagné d’un groupe d’exécutants, détenteur de la thérapie.
Nul citoyen, ne sera de trop pour assurer à tous un meilleur Vivre Ensemble, dont nous sommes tous débiteurs pour les générations futures.

Chers compatriotes, chers militants, ne perdez pas confiance en notre capacité à surpasser les crises.
Le Bénin est nôtre, au-dessus de nous, et nous travaillerons, moi en premier à vos côtés, à le rendre plus grand.
Nous avons besoin de nous aimer, de nous respecter et d’éviter les injures. Nous avons besoin de mettre fin à la division et à l’opposition entre citoyens. Le Bénin est un et indivisible ! Nous avons besoin de la foi en notre créateur, le Tout Puissant.

Notre pays tient à la gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple et notre Loi fondamentale de 1990 confère aux partis politiques le rôle de l’animation de la vie politique dans notre quête pour la prospérité commune.
Je ne le dirai pas assez, FCBE est un parti d’opposition responsable et ne sera jamais le troisième pôle du gouvernement de la Rupture. Il faut que cela soit compris de tous : c’est la position de nos militants et nous avons le devoir de les respecter. Chacun doit se ressaisir pour en faire un idéal. Et j’invite les militants à maintenir le combat déterminé et inébranlable pour la survie de FCBE et ceci dans le cadre de nos dispositions Constitutionnelles issues de la Conférence Nationale voici trente ans dont les acquis nous manquent aujourd’hui.

Dieu le Père Céleste nous aidera dans ce combat pour sauver le pluralisme démocratique dans notre pays.

Le combat de la liberté et de la restauration d’un Etat de droit ne se fera pas sans le Parti FCBE.

Que Dieu vous bénisse !

Docteur Thomas Boni YAYI
Ancien Président de la République
Président d’Honneur du Parti FCBE »

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