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Bénin/ Année scolaire 2019-2020 : Un rendement à l’image de la pandémie Coronavirus

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La pandémie du coronavirus a conduit aux congés anticipés et prorogés dans les établissements scolaires publics comme privés du Bénin et même à l’aménagement du calendrier scolaire. Cette situation suscite des inquiétudes chez tous les acteurs du système éducatif notamment les parents d’élèves, et par ricochet le rendement scolaire. 

Crespin, élève en Tle A2, noie ses journées dans les sorties, le téléphone portable, les jeux et la télévision. En ce qui concerne les études, Crespin estime qu’il a tellement appris toutes ses leçons au point de tomber dans la routine.

Il ajoute : « C’est vrai que nous sommes en congé, mais là, je commence par m’ennuyer à la maison. J’ai essayé de respecter les consignes de mes parents. J’apprends régulièrement mes cours. Mais j’ai l’impression de revenir sur les mêmes choses plusieurs fois. Et ça m’ennuie. Du coup, je passe le restant de la journée à regarder les films, à manipuler mon portable, à visiter des amis. Et parfois, je me dis qu’il n’y a pas de certitude, même si on nous dit que la reprise est prévue pour le 11 mai prochain… ».

Honorine, quant à elle, s’enferme dans sa chambre pour ne pas être en contact avec le Coronavirus. « Mes parents m’ont formellement interdit de sortir, la maladie peut venir de n’importe qui. Du coup, docile, je reste à la maison et j’apprends mes leçons. Cela me plait de changer d’air, mais j’ai vraiment peur. Il est vrai que je m’ennuie beaucoup, mais les feuilletons et mon portable sont actuellement mes compagnons », laisse-t-elle entendre. 

Entre inconscience et insouciance 

Il est de notoriété publique que tous les domaines sont affectés par la propagation du Covid-19, notamment celui éducatif. La gestion des apprenants devient un casse-tête chinois pour les parents qui sont professionnellement actifs. Pour Huguette Bokpè Gnacadja, Consultante en droits de l’homme et en genre, cette situation représente un couteau à double tranchant pour les apprenants.

« On voit déjà tellement d’enfants dans nos rues, certains avec leurs parents près d’un étal, d’autres en train de jouer sans aucune surveillance ; d’autres encore au marché, avec papa, maman, ou tata. Pour ceux que nous ne voyons pas, plus privilégiés, ils sont à la maison, accrochés à leurs smartphones, leurs iPads, et tous autres gadgets qui peuvent être d’excellents outils de travail, mais qui, dans ce contexte anxiogène, serviront sans doute à tuer le temps, garder le contact avec les potes, pour les plus sages, sous l’œil peu vigilant de parents absents, ou stressés eux-mêmes par l’infernale machine à compter le nombre de morts du Covid-19 sur les différents continents », indique-t-elle, tout en insistant que la tentation sera grande, et nos enfants y cèderont, de rester scotchés à des sites pornographiques et autres rencontres hasardeuses pouvant mener à des mésaventures parfois fatales.

« La confection et la diffusion de vidéos à caractères pornographiques tournées par des élèves dans les salles de classes de certains de nos établissements et mettant en scène des élèves, filles comme garçons, ainsi que la circulation et la consommation de substances psychotropes observées dans plusieurs établissements scolaires privés, précisément à la veille de ces congés forcés, doivent sonner dans nos têtes comme de véritables signaux d’alarme… », dénonce-t-elle. Le Secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin section du Borgou, Honorat Dabli estime, pour sa part, que c’est une décision sage qui permet de confiner chez eux nos apprenants afin de mieux contrôler la situation pour ne pas les exposer à cette pandémie.

« Surtout que certains parents n’étaient pas prêts à faire retourner les enfants à l’école le 14 Avril. Mieux les Enseignants n’étaient pas non plus disposés à reprendre les cours dans cette situation de pandémie », souligne-t-il. 

S’attendre à une piètre performance

L’aménagement du calendrier scolaire va certainement bousculer les habitudes. Mieux, le Sg Honorat Dabli pense que cette prorogation peut avoir sur nos apprenants un double impact. « Un impact positif, en ce sens que cela permettra aux apprenants consciencieux de se mettre résolument au travail pour rattraper les lacunes accumulées. Ces apprenants sont le plus souvent guidés et éclairés par leurs géniteurs. Un impact négatif pour les apprenants paresseux qui se croient déjà en vacances et abandonnent cahiers et livres.

En somme, il y a un danger qui guette les apprenants. C’est là que les parents doivent prendre leur responsabilité. Autrement, les examens de cette année risquent d’être catastrophiques et les passages en classe supérieure seront faibles », relève-t-il, tout en précisant que le Gouvernement a encore une marge de manœuvre, si la pandémie continuait et persistait « Sur les 22 semaines de cours francs dont nous disposons, nous avions déjà effectué 14 semaines. Il nous reste 8 semaines de cours francs. Le Gouvernement pourra toujours rogner sur le temps des vacances. L’espoir est donc toujours permis », assure-t-il. 

Sauver les meubles 

Pour transformer cette saison pleine d’interrogations en une avenue d’opportunités, Huguette Bokpè Gnacadja pense qu’il faut proposer une offre de programmes quotidiens crédibles, accessibles et ciblés d’éducation à distance. « Ensuite, l’organisation les après-midis, du lundi au vendredi et durant 90 minutes également, toujours au moyen de supports radiophoniques et télévisuels, d’autres séries de programmes pour les enfants, que nous autres, acteurs de la société civile, pourrions contribuer à animer.

Ces programmes pourraient être conçus autour de l’éducation sexuelle des enfants, des adolescents, et même des parents, qui ont du mal à en discuter avec leurs enfants. A cela s’ajoute l’accompagnement des enfants dans la découverte d’eux-mêmes, l’identification de leur raison d’être, c’est-à-dire leurs dons, leurs passions, leurs talents, leurs aptitudes naturelles pour faire telle chose, ou leur inclination naturelle vers telle autre, dans le partage de leurs rêves, et dans l’apprentissage de la visualisation de leur avenir, et de la conception d’un projet de vie.

A en croire, Huguette Bokpè Gnacadja, la famille doit offrir aux enfants une oreille attentive, leur proposer de faire un usage utile de la télévision et d’internet et rechercher avec eux des films documentaires sur l’histoire, la géographie, la science, l’art et la culture, et tout ce qui peut aiguiser l’appétit du savoir.  En dehors de cela, le président de la fédération nationale de l’association des parents d’élèves du Bénin, Epiphane Azon invite les apprenants à s’accrocher à leurs cahiers, quelle que soit la durée des congés.  

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