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Harcèlement et viol en milieu de travail : La Conaf Cosi-Bénin réclame des sanctions contre les auteurs

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L’affaire Angela Kpeidja ne cesse de susciter la colère des organisations de la société civile et des représentations syndicales des femmes. Cet après-midi à la bourse du travail de Cotonou, la Commission Nationale des Femmes de Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Conaf/Cosi-Bénin), dans un point de presse, a dénoncé ces actes criminels et a invité tous les acteurs de défense des humains à une mobilisation générale.

Déclaration de la commission nationale des femmes de Cosi-Bénin

La CONAF COSI Bénin salue le courage de Angela KPEIDJA et encourage le Chef de l’Etat à accélérer le processus de ratification de la Convention 190 OIT sur les violences et le harcèlement en milieu de travail Depuis quelques jours, le Bénin notre pays vit au rythme d’une actualité dont il se serait bien passé en ces temps de crise sanitaire et économique liée à la pandémie de la COVID 19. Il s’agit des dénonciations de la journaliste de l’ORTB Angela KPEIDJA sur des cas de harcèlement, de viol et de violences à caractère sexuel qui ont cours au sein de cet office public et dont les conséquences sont désastreuses sur les plans économique, psychologique et social.

L’indignation que ces révélations ont suscitée dans l’opinion publique nationale et même internationale est à la mesure du fléau que représente le harcèlement et les violences à caractère sexuel et des dégâts qu’il occasionne dans toute l’administration publique, les institutions étatiques et les entreprises et établissements privés de notre pays le Bénin.

En effet, le harcèlement sexuel est devenu un cancer silencieux, qui, chaque jour davantage, étend sa sphère dans le monde du travail au Bénin et commence dangereusement à se banaliser et à se normaliser, profitant, jusqu’ici, du silence coupable de nous tous.

C’est pourquoi, tout en ne minimisant pas les efforts et la détermination des différentes associations de lutte contre les violences basées sur le genre depuis plusieurs dizaines d’années au Bénin, la Commission Nationale des Femmes de la COSI Bénin, tient à saluer le courage de Mme Angela KPEIDJA, désormais érigée en véritable pionnière de ce combat dans notre pays. Nous pouvons d’ores et déjà affirmé que sa prise de parole se transmettra à la postérité, comme le principal fait historique déclencheur de la libération de la parole des femmes béninoises, victimes silencieuses de ce fléau depuis plusieurs décennies.

Cette libération de la parole de la femme béninoise doit être le début d’un mouvement général qui verra non seulement ce cas d’espèce élucidé et les coupables sanctionnés de façon exemplaire. Plus généralement l’heure a sonné pour que l’omerta qui lie les femmes soit définitivement brisée, les institutions judiciaires davantage mobilisées, l’arsenal juridique renforcé, les criminels de ces actes punis et les préjudices subis par les victimes enfin reconnus et réparés. C’est une nouvelle ère qui nous tend les bras chères femmes, chères travailleuses.

Dans cette perspective, il est essentiel de mettre en exergue et de saluer la conscience politique du gouvernement béninois, symbolisé par l’implication personnelle du Chef de l’Etat dès les premiers instants où ces révélations ont été rendues publiques. Cela a permis de clairement fixer l’opinion nationale et internationale sur la détermination du Président Patrice TALON à définitivement permettre à notre pays de faire un bond qualitatif en ce de ce qui concerne la lutte contre les violences basées sur le genre et la place des femmes dans la société béninoise en général.

Prenant acte de cette volonté exprimée et de ce cap fixé par notre pays, la Commission Nationale des Femmes de la COSI-Bénin lance un appel au Chef de l’Etat afin que le droit positif béninois en la matière, soit renforcé à travers notamment l’accélération du processus de ratification de la Convention 190 de l’OIT, adoptée en juin 2019 à Genève et qui porte sur les Violences en milieu de travail y compris le harcèlement. Une convention dont l’entrée en vigueur est espérée pour les tout prochains mois. Cela contribuera significativement à accroître l’efficacité des actions des organisations de la société civile ainsi que des commissions des femmes des centrales et confédérations syndicales du Bénin. A cet effet, il est utile de rappeler que depuis plus d’une décennie, hormis des actions de mobilisation, de sensibilisation et de vulgarisation de la législation sur les violences basées sur le genre au Bénin, la CONAF COSI Bénin a mis à la disposition des femmes une ligne verte d’écoute, de conseils et d’orientation des victimes de violences à caractère sexuel. De plus, dans le sens de l’amélioration de l’arsenal juridique existant au Bénin, il nous parait important qu’une réflexion soit initiée d’urgence sur l’impact indirect de la Loi 2017-05 du 29 Août 2017 fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main d’œuvre, de résiliation du contrat de travail en République du Bénin. Bien que ce texte soit salué par le patronat, la CONAF COSI Bénin convie les parties prenantes au dialogue social dans notre pays à analyser les effets néfastes de ce pouvoir exorbitant que cette loi confère aux patrons d’entreprises, par rapport aux femmes travailleuses désormais soumises au bon vouloir de ces derniers pour obtenir ou conserver un contrat de travail.

Eu égard à tout ce qui précède, la CONAF COSI Bénin appelle à la vigilance toutes les forces sociales et tout le peuple béninois afin que ce moment historique soit le début d’une plus grande prise de conscience quant à l’ampleur des violences basées sur le genre, en vue de l’épanouissement de la femme béninoise. L’avenir du Bénin en dépend.

Fait à Cotonou le 08 Mai 2020

La CONAF/COSI-BENIN

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