Connectez-vous

Afrique

Libye : la guerre risque de virer à un conflit régional

Publié

le


Depuis l’intervention de la Turquie en Libye, le conflit a été internationalisé, ce qui a entraîné les menaces de l’Égypte de s’impliquer dans ce conflit afin d’évaluer la bataille de Syrte que prépare la partie libyenne.

Les interventions étrangères en Libye risquent de transformer la guerre dans ce pays en un conflit régional, a alerté hier l’envoyée spéciale par intérim du SG de l’ONU pour la Libye, Stéphanie Williams, lors d’une visite à Londres, a rapporté le quotidien londonien « The Guardian » ‹‹ Avec autant d’acteurs externes avec leurs propres agendas, le risque d’erreur de calcul et de confrontation régionale est élevé ›› a-t-elle averti, faisant remarquer que ‹‹ les Libyens se sentent épuisés et effrayés, et ils sont fatigués de la guerre et recherchent la paix, mais ils ont peur que la décision ne soit pas entre leurs mains ››, a rapporté le journal londonien.

En effet, la guerre diplomatique a connu mercredi 29 juillet et le jeudi 30 juillet 2020, une nouvelle montée de tensions entre la Turquie, soutien du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA,Tripoli), et les Émirats arabes unis (EAU), qui appuie le général Khalifa Haftar (Est libyen) au nom de la lutte contre le terrorisme et la guerre que se livre ce pays et ses alliés du Golfe, ainsi que l’Égypte contre la confrérie des Frères musulmans.

La diplomate américaine a insisté sur le fait que : ‹‹ ce qui se passe maintenant, c’est une bataille entre des rivaux extérieurs autant qu’une guerre civile dans laquelle les Libyens perdent leur souveraineté ››. Elle a été nommé à ce poste par intérim après la démission de son confrère libanais Ghassane Salamé en mars 2020 en raison de ces ingérences étrangères qui ont compliqué sa mission et fait échouer la tenue de la conférence de réconciliation inter-libyenne de Ghadamès, prévue en avril 2020.

Le vendredi 31 Juillet 2020, les Etats alliés de l’union ont riposté aux propos du ministre turc de la Défense, Hulus Akar, qui a déclaré vendredi qu’‹‹ Abou Dhabi est en train de faire certaines choses en Libye et en Syrie ››, soulignant que « tout cela est en train d’être consigné” et que “les comptes seront faits en temps et en heure », a rapporté la presse turque. “Il faut que ces pays cessent de soutenir (Haftar) pour que la stabilité revienne et qu’un cessez-le-feu puisse être négocié. Il faut qu’ils poussent le putschiste Haftar à renoncer à certains de ses objectifs”, a ajouté Hulus Akar.

Cependant, pour Abou Dhabi, Ankara devrait cesser de “s’immiscer” dans les affaires des pays arabes, alors que le conflit en Libye dépasse de loin ce que le discours émirati essaie de faire croire, comme cela est le cas avec la rivalité des pays du Golfe avec l’Iran, dans laquelle les mêmes arguments sont constamment ressassés. Car, dans le conflit libyen, il n’y a pas que l’ingérence turque qui bénéficie de la couverture politique du GNA qui pose problème, mais aussi celle du voisin égyptien qui soutient Haftar, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie, du Qatar et certaines puissances occidentales, telles que la Russie ou la France, accusés d’appuyer les autorités parallèles de l’Est libyen dans leur guerre contre un gouvernement pourtant reconnu par l’ONU.

Cynthia Nadège Dossou

Continuer la lecture
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *