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Bénin : les précisions de Maxime Okoundé sur les dettes dues aux travailleurs

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Maxime Okoundé, porte-parole du Front d’actions des syndicats des trois ordres de l’enseignement s’est prononcé sur la polémique des dettes dues aux travailleurs avant 2016, c’est-à-dire sous le régime du président Boni Yayi. « Il n’y a pas de régime qui ne laisse pas d’ardoise en matière de gestion des carrières des travailleurs… Tout ce que nous voulons, c’est que l’Etat tienne régulièrement ses engagements envers les travailleurs. Et je crois que le président Patrice Talon en est conscient. Dans tous les cas, nous avons des rappels qui sont encore en attente. Et nous voudrions que le président Talon poursuive ses efforts en s’acquittant des arriérés de gestion de carrière qui se sont accumulées pour le compte des années 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020. »

Patrice Talon dit que l’Etat devait 94 milliards aux travailleurs. Boni Yayi et son ministre de l’Economie disent que c’est faux. Alors, dites-nous, l’Etat devait-il vraiment aux travailleurs ?

Il n’y a pas de régime qui ne laisse pas d’ardoise en matière de gestion des carrières des travailleurs. Donc que le président Yayi Boni ait payé des dettes laissées par le régime de Mathieu KEREKOU, c’est tout à fait normal. Que le président Patrice TALON reconnaisse des dettes laissées par son prédécesseur et qu’il s’attèle à les liquider, c’est également tout à fait normal. Nous sommes là sur  le principe de continuité de l’Etat. Il faut vous dire que pour le compte des années 2014, 2015, 2016 avant l’arrivée du président Patrice TALON, les travailleurs avaient un certain nombre de revendications liées à la gestion catégorielle, au reclassement etc… et qui n’ont pas pu être réglées sous le président Yayi Boni avant qu’il ne parte.  Lorsque je prends par exemple un travailleur qui est recruté dans la Fonction Publique, un ACE ou APE, il doit changer de salaire. Des rappels sont donc dus. Ces dettes-là peuvent rester jusqu’à ce qu’un autre régime arrive. Quant au montant, je ne peux pas vous donner des chiffres. Ce qui est certain, il y a des dettes qui étaient dues aux travailleurs qu’ils soient en activité ou à la retraite.

Patrice TALON dit que depuis un certain temps, il a commencé par payer. Si vous êtes concerné, est-ce que vous avez constaté ces augmentations là sur votre fiche de paie ou si vous n’êtes pas concerné, vos autres collègues ont pu constater cela sur leur fiche ?

Certainement, puisque dans la période avant 2016 jusqu’à maintenant, il y a eu beaucoup qui ont changé de statut, qui ont eu des reclassements, des avancements ou des promotions. Moi personnellement, je ne suis pas concerné par la période d’avant 2016 mais je peux vous dire que par rapport aux 27% que nous avons obtenu en 2015 dans le cadre de notre statut particulier, des retraités n’ont pas joui de cet avantage au même moment que nous qui sommes en activité. Nous, nous en avons joui à partir du 1er Janvier 2016 mais les retraités enseignants qui étaient déjà partis, ont eu ce bénéfice je crois pratiquement 11 ou 14 mois après avec des rappels qu’on devait leur payer. A la date d’aujourd’hui, je crois que tous les retraités ont été satisfaits sur leur pension. Il y a quelques mois, le gouvernement nous avait dit qu’il allait débloquer des milliards pour payer par exemple des dettes liées aux travailleurs qui avaient des situations pareilles avant 2016. Il avait payé un certain montant et les secrétaires généraux des travailleurs peuvent le confirmer. Cela montre qu’il y a effectivement des dettes qui existent et on ne saurait dire qu’un régime n’a laissé aucune dette puisque à la veille du départ d’un chef d’Etat, des travailleurs peuvent connaître des changements dans leur carrière et cela engendre des coûts. Celui qui vient donc va hériter de ça.

Monsieur Okoundé, je voudrais une réponse précise à ma question. Ets-ce que vous confirmez actuellement que chaque mois, les arriérés sont payés sur les salaires.

Je peux vous confirmer cela puisque moi-même je suis dans le cas. Selon qu’il y a eu reclassement ou avancement, il y a une programmation précise au niveau du ministère de l’Economie et des finances. Le gouvernement Talon débloque un milliards par mois pour éponger la dette vis-à-vis des travailleurs. Beaucoup de travailleurs enseignants ou non enseignants ont eu ces rappels qui ont été payés. Vous demandez à nos collègues ACE de 2008, ils vous le confirmeront. C’est vrai que certains attendent des mises en formation pour que ces avantages soient effectifs à leur niveau mais globalement les choses ont évolué. C’était des affaires en cours que le régime actuel a logiquement poursuivi.

Donc je retiens que la polémique actuelle est vaine ?

Pour moi, cette polémique est impertinente. C’est vrai, elle a lieu à la veille d’échéances électorales mais comprenez que nous, nous ne voulons pas entrer dans ces polémiques-là. Tout ce que nous voulons, c’est que l’Etat tienne régulièrement ses engagements envers les travailleurs. Et je crois que le président Patrice Talon en est conscient. Dans tous les cas, nous avons des rappels qui sont encore en attente. Et nous voudrions que le président Talon poursuive ses efforts en s’acquittant des arriérés de gestion de carrière qui se sont accumulées pour le compte des années 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020. Nous avons déjà mené des démarches vers le ministre de l’économie et des Finances et nous espérions que le président va continuer sur sa lancée. C’est tout ce que nous souhaitons. Pour nous donc, la polémique actuelle est inopportune. 

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