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Interview: « Je pense que les gens n’ont pas la vision qui permet de développer le show-biz » dixit Amir El Présidente

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Chaque pays a ses légendes dans chaque domaine. Amir El Presidente est l’un des innovateurs du sphère du Hip hop au Bénin. Après 16 ans de Rap game, la rédaction de votre journal va à la rencontre de cette légende Nationale.

Portail : Bonjour Amir ! Les lecteurs de Portail.info voudraient mieux connaitre le pionnier du Diamant Noir.


Amir El Présidente : Bonjour M. le journaliste !
A l’Etat civil je m’appelle Amir ALI. J’ai eu un Bac en économique mention assez bien. Ensuite je suis allé à la fac de Bordeaux où j’ai entamé des études d’économie et gestion mais c’était pas du tout ce que je voulais faire, ça me ressemblait pas. J’ai réussir ma première année mais j’ai loupé la deuxième année. Dans le même temps le rap a commencé par marché au Bénin. Donc c’est là j’ai décidé de faire des études de communication et ça été vraiment une découverte énorme pour moi. Je me suis retrouvé dedans. Et donc j’ai un Bac+5 en Communication et publicité. Les rappeurs ont fait des études hein (sourires).


Portail : Comment avez-vous commencé le Rap ?


Amir El Présidente : J’ai commencé simplement en fait. C’était par amour de la musique, par passion. Et donc j’ai commencé à faire du Rap comme ça pour m’amuser. Petit à petit l’amour a grandi et j’ai voulu en faire une carrière. C’est aux environs de 2003 que j’ai commencé à enregistrer des morceaux de manière professionnelle avec Anouar. En 2004 on est rentré avec le morceau ‘’Mets-toi à l’aise’’. On l’avait enregistré avec une année difficile où moi j’avais perdu ma petite sœur. Et je me suis rendu compte que si je dois réussir dans la musique il faut que j’aille à fond parce que demain je peux disparaitre. Donc ça a été vraiment quelque chose qui m’a réveillé. On a enregistré ‘’Mets-toi l’aise’’ en 2004 qui a été un succès et on a enchainé chaque année avec des nouveaux projets.


Portail : Ce décès de votre petite sœur est ce qui vous a plongé dans le Rap ?


Amir El Présidente : Oui, ça fait partie de ma motivation pour plusieurs raisons. La première étant que ma sœur était très fan de ce qu’on faisait en termes de musique elle nous encourageait beaucoup. La deuxième chose est qu’il y a une partir de moi qui me disait que demain je pourrais aussi mourir et que mourir sans avoir réalisé ce que je voulais dans ma vie, ça aurait été un gâchis. Et donc pour ça il faut commencer maintenant, tout de suite. C’est ainsi que j’ai mis les choses en place très rapidement. Trouvé un studio à Bordeaux, parce qu’on était étudiant à Bordeaux à l’époque, commencé à enregistrer des morceaux, rencontré des producteurs, des Beatzmakers, travaillé surtout mes textes pour qu’ils soient beaucoup plus percutant, plus professionnelle.


Portail : Votre succès dans la musique, vous le devez à quoi ?


Amir El Présidente : Il y a pas de recette magique, je pense que le plus important, c’est le travail. Chercher à se surpasser. Il faut aussi aimer ce qu’on fait, je crois que c’est le plus important. Si tu n’aimes pas la musique si tu n’es pas passionné, je pense que tu ne peux pas rester dedans pendant longtemps. Ça fait quand même 16 ans maintenant qu’on a commencé cette carrière. Et donc la musique c’est un mélange de Travail, de passion, D’observation Et Aussi De La Chance.


Portail : Le groupe Diamant Noir, quelle est la raison de son éclatement ?


Amir El Présidente : Diamant Noir…Anouar est un ami d’enfance. On a grandi ensemble, on avait ce rêve de réussir dans la musique. Par la grâce de Dieu on a fait tout ce qu’on a prévu faire. On est même allé au-delà de ce qu’on pensait faire au début de notre carrière. Malheureusement pour nous on n’a pas réussir à aller au-delà des frontières du Bénin parce que pour nous c’était important de devenu des artistes qui allaient représenter le bénin à l’extérieur mais Dieu en a décidé autrement. Je pense que Anouar a été lacé à un moment. Il a vu que notre carrière stagnait un peu parce que au Bénin quand tu atteins un certain niveau, il n’y a plus rien à faire, tu ne peux pas aller plus haut que ça. Et donc ça a commencé par moins l’intéressé. Et il est partir en Côte d’Ivoire pour poursuivre d’autre business. Je pense que ça marche bien pour lui. Anouar et moi on s’entend très bien, il n’y a pas de problème. Il est même à Cotonou actuellement. Et puisque que moi j’aime tellement la musique, j’ai continué mon chemin. Les autres membres du CCC (Nasty Nesta, Bsyd …) sont là. Tout va bien pour eux, Bsyd a même sorti un album d’ailleurs. On est toujours soudé, toujours ami seulement que Diamant Noir n’existe plus.


Portail : L’album ‘’Dernier Mandat’’ est vraiment la fin de la carrière de Amir ou on peut s’attendre à d’autres surprises ?


Amir El Présidente : C’était censé être la fin mais le Covid-19 est tombé dedans. Ce qui a fait que je n’ai pas pu faire ce que j’ai prévu faire en termes d’album. C’est vrai que j’ai atteint mon objectif de vente mais je voulais faire des concerts, je voulais organiser des évènements et à cause du Covid-19 je n’ai pas pu. Donc ça repousse un peu la fin de ma carrière. C’était le dernier mandant mais le mandat est encore en cours (sourires). Nous avons également des projets en cours pour le CCC. On s’est tous retrouver en studio et comme ça on a commencé par enregistrer des morceaux. C’était juste la bonne ambiance mais d’un morceau on s’est retrouver à 2, 3, 6,7 et donc d’ici la fin de cette année on va sortir un album.


Portail : Quelle appréciation faites-vous aujourd’hui du showbiz béninois ?


Amir El Présidente : Le show-business Béninois moi, je pense que on est vraiment en arrière sur beaucoup de choses. C’est une question de mentalité. Je pense que les gens n’ont pas la vision qui permet de développer le show-biz. Il ne cherche pas à voir ce qui se fait à l’extérieur pour pouvoir l’adapter aux réalités locales. C’est ce qui fait qu’il y a beaucoup d’amateurisme, il y a très peu d’unité aussi parce qu’il y a trop de jalousie. Comme le gâteau n’est pas très grand, dès que quelqu’un a sa part, tout le monde veut lui prendre cette part du gâteau au lieu de prendre les autre côté du gâteau. Donc c’est ça en fait le problème qu’on a. Et les pouvoirs publics aussi ne nous aident pas. Il y des choses biens, les artistes sont talentueux mais on ne peut pas parler de showbiz parce qu’il n’y a pas beaucoup d’argent dans le business de la musique, de la Culture au Bénin. Les gens n’investissent pas et donc ça tourne un peu en rond malheureusement.


Portail : Parmi les artistes de la jeune génération, lequel vous appréciez le plus ?


Amir El Présidente : Il y en a beaucoup que j’apprécie. Il y en a qui font du bon boulot. Moi personnellement j’aime beaucoup Crisba, Nikanor, Togbè, First King, Siano Babassa etc.


Portail : Des conseils à l’endroit de la jeunesse béninoise ?


Amir El Présidente : Je pense que réussir aujourd’hui au Bénin c’est pas facile. C’est encore plus difficile que dans beaucoup de pays. Parce que les conditions ne sont pas réunis pour qu’un jeune puisse vraiment s’en sortir au Bénin que ça soit au niveau des études où le niveau terrible. Je suis sûr que ce n’est pas la faute de jeunes qui sont intelligent. C’est dire qu’il y a un problème au niveau de notre système éducatif national. Mais je pense que les choses sont en train d’évoluer petit à petit. Tout ce que je peux dire au jeunes c’est de continuer d’avancer, de croire en eux et de ne pas laisser penser en eu le contexte selon lequel eux ils ne sont rien. Il faut travailler dur.

Propos recueillir par : Ivon Christian TOMAVO

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