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Côte d’Ivoire : « la lutte doit continuer plus que jamais » selon Jean-Yves Esso

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Jean-Yves Esso, membre du Bureau politique du PDCI-RDA a lancé une appel aux militants de l’Opposition relatif dialogue politique.

Lire ci- dessous la lettre ouverte de Jean-Yves Esso.

Chers militants et sympathisants de l’Opposition, chers ivoiriens épris de paix, de justice et de liberté,
Depuis 10h ce lundi 21 décembre 2020 se déroule la première rencontre entre l’Opposition et le pouvoir RHDP, dans le cadre du Dialogue National demandé par le président BEDIE, à la Primature.
C’est l’occasion de rappeler ici, à toutes et à tous, les conditions dans lesquelles nous nous retrouvons aujourd’hui autour de la table pour discuter de paix.

Bien qu’il existe sûrement des personnes qui ne veulent pas que nous parlions, nous maintiendrons toujours la flamme de l’espérance. Même si l’on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront toujours leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et l’énonciation de la vérité. Et la vérité, c’est que quelque chose va très mal dans ce pays…

Cruauté et injustice. Intolérance et oppression. Et là où auparavant, nous avions la liberté de faire des objections, de parler comme bon nous semblait, nous avons maintenant des systèmes de surveillance nous contraignant à la conformité et sollicitant notre docilité.

Seuls des fous ou inconscients comme nous continuent de prendre de tels risques malgré ces nouvelles terrifiantes que nous apprenons de jours en jours (évacuation médicale vers la France de GUIKAHUE, transfert à l’hôpital de NDRI Narcisse, disparition de AFFI N’Guessan et j’en passe…)
Qui est à blâmer ?

Bien sûr, il y a les premiers coupables, ceux qui sont plus responsables que les autres et qui devront tôt ou tard rendre des comptes mais, dans un souci de vérité, si nous cherchons un second coupable, regardons tout simplement dans un miroir. Nous avons peur…

Qui pourrait se vanter du contraire !
Emprisonnement, terreur, empoisonnement, licenciement, intrigues, trahisons, infiltrations dans les groupes privés de discussion, enlèvements, torture physique et morale, intimidations, etc.

Tout cela a contribué à perturber notre jugement et à nous priver de notre bon sens. La peur a pris ce qu’il y a de meilleur en nous. Et dans notre panique nous nous tournons vers notre bourreau qui nous promet de l’ordre et de la discipline.

Rien de plus facile pour lui car c’est lui qui amené le désordre et l’indiscipline. Mais dans la peur, nous avons décidé d’oublier cela. Notre rôle est de le rappeler sans cesse… Tout ce que notre bourreau demande en échange, c’est notre consentement silencieux et docile. Nous voulons mettre fin à ce silence.

Impartialité, démocratie, justice et liberté sont plus que des mots, ce sont des principes. Alors si vous n’avez rien vu de toutes ces atrocités avant, pendant et après élections présidentielles, ou si vous décidez de les ignorer, nous vous suggérons de continuer de regarder de loin ce Dialogue National qui finira par un banal partage de postes ministériels, méprisant et insultant pour les nombreuses victimes laissées sur le carreau.

Mais si vous voyez ce que nous voyons, si vous ressentez ce que nous ressentons, si vous désirez ce que nous désirons, alors restons ensemble vigilants, concentrés et à l’écoute des mots d’ordre de l’Opposition pour donner une vraie force populaire à nos représentants lors des échanges afin que les préalables suivants soit respectés :

  • Libération de tous les prisonniers politiques emprisonnés à la résidence du président BEDIE sans exception.
  • Libération de tous les jeunes manifestants de la désobéissance civile sans exception.
  • Commission d’enquête sur le traitement réservé à nos leaders politiques récemment emprisonnés, notamment le ministre GUIKAHUE, le Directeur de Cabinet du président BEDIE, NDRI Narcisse et le Premier Ministre AFFI N’GUESSAN.

Après cela, nous pourrons nous asseoir et proposer des termes de références consensuels pour le Dialogue National sur les conditions d’un retour à la paix et à la Concorde dans notre pays. La lutte doit continuer plus que jamais, sans découragement et avec un espoir dans cesse renouvelé quelque soit les distractions dans lesquelles veulent nous emmener le régime RHDP. Ce combat pour la vraie démocratie et la justice est un long chemin tortueux parsemé d’embûches que nous devons tous mener avec conviction et détermination.

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