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Politique

Présidentielle de 2021 : Patrice Talon mieux que Boni Yayi en 2016 mais…

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Il a presque tous les soutiens politiques parlant « des grands électeurs » ou « partis politiques » issus de la réforme controversée du système partisan. Seuls ses partisans (UP et BR) sont représentés au parlement. A la base, les thuriféraires du régime dirigent 71 conseils communaux sur les 77 que compte le pays. Pourtant, le régime de Cotonou n’affiche aucune certitude face à l’avalanche de soutiens dont il peut se prévaloir. Est-ce un goût trop prononcé pour la perfection ou Patrice Talon, candidat à sa propre succession pour le compte de la présidentielle du 11 avril 2021, a-t-il appris que l’électorat béninois peut-être imprévisible ? Une leçon infligée à son ancien challenger lors de la présidentielle de 2016, Lionel Zinsou, dauphin programmé de l’ex président Boni Yayi.

Contrairement à son prédécesseur, qui n’était plus éligible au terme de deux mandats présidentiels, le président ‘’réformateur’’ veut rempiler, et donc, s’assurer d’une victoire sans anicroche devient un impératif. Patrice Talon lorgne sans doute le K.O à polémique de  2011, par lequel Boni Yayi s’est offert un second mandat. Sauf que, l’eau a coulé sous les ponts. Le législateur béninois a défini les unités administratives (plus question d’inventer des villages ou centres et postes de vote…) et revu le code électoral. De nombreuses dispositions ont vu le jour aux fins de sécuriser le vote des électeurs. C’est dire que si irrégularités, il y avaient en 2016, des réponses législatives ont réduit les marges, et avec la propagation des nouveaux outils de la technologie et de l’information, les probabilités d’une éventuelle supercherie sont faibles. Mieux, les acteurs d’hier ont aujourd’hui des intérêts divergents.

En somme, fut-il le géant aux côtés de candidatures poids plume, Patrice Talon a tout intérêt à rester vigilant. Certes, au Bénin, l’opposition est en rang dispensée, peu capable de prendre la mesure des enjeux, mais le scénario de la victoire en Gambie, de Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle de 2016 face à Yahya Jammeh n’est pas à exclure. Cet électorat béninois là, il faut s’en méfier. De toute évidence, Patrice Talon en sait quelque chose.  

Présence accrue sur le champ de bataille

Le président béninois ne dort donc pas sur ses lauriers. Patrice Talon s’est davantage engagé sur le terrain politique depuis novembre 2020. Samedi 20 février 2021, il était encore à la réunion politique du parti Union politique pour peaufiner les stratégies de la campagne pour le compte de sa réélection lors du scrutin du 11 avril 2021.

Patrice Talon tient son agenda politique visiblement trop chargé. A travers une tournée nationale dite de reddition de compte, que l’opposition béninoise a qualifié de précampagne, le président a sillonné l’ensemble des 77 communes, du 12 novembre au 12 décembre 2020 pour la première phase, et du 7 janvier au 15 janvier 2021 pour achever un périple, qui lui aura permis de vanter les actions de son gouvernement en fin du quinquennat et faire de nouvelles promesses. Pour le chef de l’Etat et ses partisans, c’était la reddition de compte. N’empêche, il finit par annoncer au terme de ladite tournée, sa candidature pour la présidentielle du 11 avril prochain. Il dévoila ainsi à Adjohoun, les réelles motivations de ce périple.

Un autre envol…

Le président béninois va marquer une pause et reprend à nouveau son bâton de pèlerin. Il ne s’agira plus d’un circuit itinérant, et ce n’est non plus la « précampagne » dira-t-on. Patrice Talon décide de prendre part aux congrès ou session des partis politiques de la mouvance, en attente de dividendes politiques, jaloux sans doute des mieux lotis que sont l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR). Le samedi 30 janvier, le « candidat » Patrice Talon sera au congrès de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) que préside Claudine Prudicio, ancienne député à l’Assemblée nationale. « Ça n’a pas été facile, vous avez subi des railleries, vous avez été indexés comme des artisans d’une cause perdue, sans gratification et vous avez tenu bon…J’ai fini pas adhérer et désormais, je serai un promoteur, un soutien de l’Udbn », a déclaré le chirurgien Patrice Talon. L’option faite est toute simple. Il s’agit de panser les plaies pour ratissez large. Les initiés diront qu’en matière politique, il faut nourrir l’amitié des mathématiciens pour épouser l’addition. Quoi de plus normal pour un candidat prévoyant ? « Ce n’est pas parce que je suis candidat, que j’ai besoin du soutien de l’Udbn que je suis venu ce matin vous parler… », prévient Patrice Talon, avant d’ajouter : « Je sais que si je ne venais pas ici et que je ne vous déclare pas à haute et intelligible voix, que je compte désormais porter également l’Udbn, vous me soutiendrai lors de la campagne pour l’élection présidentielle d’avril prochain ».

Le Prd et Moele-Bénin aussi…

Samedi 6 février 2021, Patrice Talon se rendra au congrès du Parti du renouveau démocratique (Prd) que dirige l’ancien président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, un autre allié qui a connu des fortunes diverses et qui méritait une sympathie rapprochée avant la compétition. « Les réformes politiques engagées ne visaient pas à faire disparaître le Prd mais plutôt tous les partis politiques pour de grands regroupements. Pensez-vous que je suis proche d’un des partis qui ont formé le Br ou l’Up que le Prd ? Je suis plus proche du Prd que de ces partis politiques qui ont formé ces deux blocs », a affirmé le pèlerin candidat à sa propre succession.

Il poursuit : « Parfois en politique, le choix n’est pas celui du cœur mais plutôt de la raison. J’ai toujours été un fidèle du président Adrien Houngbédji et du Prd. Ma présence ce matin parmi vous, est le signe d’un nouveau départ entre moi et le Prd dont je suis un militant… Malgré les préjudices, le parti est resté solide. Il est maintenant temps qu’on répare les préjudices ».

Dans la soirée de Samedi 6 février 2021, Patrice Talon quittera Porto-Novo (la capitale) pour Cotonou, précisément aux fins d’assister à la cérémonie d’installation des coordinations départementales du parti Mouvement des Élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), une jeune formation politique, dirigée par Jacques Ayadji, un cadre du ministère des transports. Patrice Talon ne changera pas d’approche à ces assises de Moele-Bénin.

« …Il s’affiche comme un soutien au parti et invite d’autres acteurs à en faire autant. Il est revenu sur l’organisation des dernières élections législatives pour reconnaître qu’il n’y avait pas eu « complot » contre le parti. Une adresse qui, comme on peut l’imaginer, devrait calmer les cœurs encore meurtris de certains militants », indique le quotidien de service public La Nation, qui conclut : « Patrice Talon rêve d’un Moele-Bénin fort avec une belle assise au plan politique… Il est fier du soutien que lui porte le parti. Ces responsables qui sont par ailleurs des ambassadeurs pour la cause de sa réélection seront aussi jugés en fonction de leur rendement sur le terrain public, a rappelé Patrice Talon ».

Un challenge et plus

Réussir l’organisation de l’élection présidentielle du 11 avril prochain malgré les récriminations d’une frange de l’opposition n’est donc pas que le seul défi du régime de Cotonou. Un meilleur taux de participation, mieux que 2019 (élection sans l’opposition) et 2020, ainsi qu’une victoire certaine au terme du vote sont des enjeux majeurs. Car, si en dépit de tout, l’électorat se décide à sanctionner le régime de Cotonou, le risque d’un nouveau président par défaut est à la porte. Ce ne serait qu’une répétition de l’histoire. L’ancien président Nicéphore Soglo en garde encore des souvenirs très amers.

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