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Société

Cherté des produits de première nécessité : Foyer d’Amour Ong accuse

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Dans une déclaration rendue publique, ce mardi 22 juin 2021 au siège de Foyer d’Amour Ong à Abomey-Calavi, le président de cette Organisation non gouvernementale (Ong) Adrien Tchomakou rend responsables tous les béninois et les dirigeants de notre pays de la cherté des produits de première nécessité.

Déclaration de Foyer d’Amour Ong

 « Nous sommes tous responsables de la cherté des produits de première nécessité »  

Depuis quelques semaines, il est constaté sur le marché la cherté des prix des produits de première nécessité. C’est une situation qui nous tient à cœur à Foyer d’Amour Ong, d’autant plus que nous œuvrons pour l’épanouissement des couches vulnérables. Un défi qui ne saurait être relevé dans un contexte de cherté de la vie. Cependant, il est d’abord important de faire le diagnostic au risque de continuer à subir les conséquences sur la durée.

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Primo, nous avons un sérieux problème de mains d’œuvre disponibles pour les activités agricoles. Tout le monde se bat pour soit devenir intellectuel, soit faire en sorte que ses descendants ne travaillent pas la terre. Partout, la terre est une grande richesse. Beaucoup l’ignorent et préfèrent quitter le village pour la ville. C’est ainsi que bon nombre de nos frères ont migré des greniers agricoles pour devenir conducteurs de taxi moto à Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Bohicon et Parakou. Ils sont venus s’ajouter aux consommateurs réduisant la marge de production. C’est vrai qu’il faut encourager l’éducation des enfants. Tous les enfants doivent aller à l’école. Mais dans le même temps, nous n’avons pas su réfléchir pour la mécanisation agricole pour éviter d’avoir à ressentir le besoin criant de mains d’œuvre. Pire, les cadres que nous formons sont presque tous en majorité des intellectuels de bureau, même ceux qui sont normalement destinés à l’agriculture. Nous ne pourrons pas nous développer seulement avec de beaux discours, de beaux costumes et la politique à la télé ou sur les réseaux sociaux.

Secundo, il y a les revers de notre mépris vis-à-vis de la nature. Pendant des décennies, nous avons tout déboisé sur notre passage. Les données que nous avons recueillies récemment indiquent que la dégradation des terres au Bénin se manifeste par une forte expansion des terres agricoles de l’ordre de 5% depuis 1975. On assiste à la perte du couvert forestier ou végétal à 98%. En 35 ans, le Bénin a perdu 48% de sa forêt dense. Alors, si nous avons tout défriché sans remplacer, il va de soi que nous faisions face à des perturbations climatiques. Les poches de sècheresse deviennent fréquentes et persistantes. A cela, il faut ajouter la dégradation du sol et son appauvrissement. Ce n’est pas pourtant les textes de protection de l’environnement qui ont manqué. Mais il s’est posé un sérieux problème de respect de nos lois. Pendant longtemps, les gens ont détruit nos écosystèmes pour exposer du bois alors que nous ne sommes pas un pays forestier. Les populations elles-mêmes en coupent allègrement sans autorisation des agents des eaux et forêts. Nous voilà aujourd’hui contraints de subir les conséquences de la baisse de la pluviométrie.

Tertio. Il y a aussi que certaines situations sont venues accentuer la crise. Il y a l’exportation anarchique des produits vivriers alors que cela ne nous suffit pas encore sur place. Peut-être que si le Gouvernement avait fait des réserves, comme c’était le cas avec l’ONASA, le surplus aurait été payé chez les paysans et aujourd’hui injecté sur le marché. L’Onasa étant supprimé sans d’autre alternative, nous subissons. Mais c’est sans compter avec les diverses taxes qui, quoi qu’on dise, ont leurs effets sur le marché local. C’est aussi difficile à comprendre que nous soyons premiers dans la production cotonnière et que nous manquions de vivres. Ça veut dire que nous sommes capables de produire. Il faut plutôt maintenant travailler à diversifier les cultures.

Nous devons aussi avoir le courage de tricher ou de copier ce qui est beau. Au Burkina Faso par exemple, chaque cadre a son champ ou tout au moins un jardin qu’il entretient. Cessons de faire des bureaucrates à vie et cultivons la terre.

Voilà pourquoi nous pensons que nous sommes tous responsables. Il ne nous reste qu’à travailler un retour à la terre et à l’anticipation.

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Abomey-Calavi, le 22 Juin 2021

Le Président Adrien TCHOMAKOU

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