Connectez-vous

Afrique

Nigéria : La population du nord fustige les violences sexuelles

Publié

le


Les peuples du nord du Nigéria se sont refusés au silence sur les actes violents d’agression sexuelle. La société religieuse et assez conservatrice du nord du pays s’est résolue à dénoncer les violences sexuelles. Bien que la peur soit encore au sein de la population et que nombre de victimes continuent à préférer le silence, l’impression est grande que la société croît.


Plusieurs victimes d’agression sexuelle dans les régions du nord de la République du Nigéria commencent à parler peu à peu de leurs expériences désastreuses de violence sexuelle. Elles acceptent aussi de se faire aider et accompagner à travers un cheminement psychologique.
L’association « l’initiative pour le soutien aux victimes de violences sexuelles » est une œuvre fondée par une femme du nom Sadiya Adama Aliyu. Cette association vient en aide aux femmes de la région ayant été victime de ces violences. A l’en croire, les actes de violences sexuelles sont quotidiens dans le nord du Nigéria. Plusieurs femmes en sont victimes chaque jour. D’où une organisation locale à même d’aider les femmes à gérer leur tourment et folie après l’incident.
« Au ministère, on recevait des plaintes tous les jours. Quand j’ai rencontré mon mari qui est médecin, il m’a dit qu’il recevait presque chaque jour des patients victimes d’abus sexuels dans sa clinique. C’est comme ça que ça a commencé », a-t-elle confié.
L’association est composée des personnels de santé, cinq avocats et des enseignants. L’un des objectifs de l’œuvre de Sadiya Adama Aliyu est de mener sur les tables de tribunaux ces dossiers de violences sexuelles envers les femmes. « Oui, il y a des condamnations, mais c’est un long processus. C’est pour ça que j’ai voulu fonder cette association : pour gagner du temps », a-t-elle expliqué.

Face à ce nombre croissant des affaires en cours, il n’y a pas de doute que la société du nord du Nigéria est en progrès. C’est ce que l’on comprend avec les 40 affaires environs en cours dans l’association. En effet, un grand progrès est attesté dans la région, car selon les propos recueillis par RFI (Radio France Internationale), les femmes n’ont plus peur des commérages, des stigmatisations, de ne plus arriver à trouver un mari ou même de toute raison similaire.
« Avant si quelque chose comme ça se passait, les gens préféraient se taire, car ils disaient « c’est un ami, un voisin, un ami de la famille ». Maintenant, les gens parlent plus facilement. La société est en train de changer », a exprimé un chef de famille.
L’association pour les agressions sexuelles a même mis en place une application permettant de signifier une plainte en ligne. « Si vous vous connectez, vous verrez une page d’information. Puis, il y a une partie où vous pourrez signaler une agression. Dire où elle s’est déroulée. Ici à Kano nous travaillons avec deux organisations. Vous donnez le nom de la victime, votre propre identité et l’affaire est suivie par une des organisations et nous pouvons suivre la progression de l’affaire’, a déclaré Sadiya Adama Aliyu.

Habib Freddy TIKO

Advertisement

Continuer la lecture
Advertisement
Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *