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Crise guinéenne : la CEDEAO rattrapée par ses largesses

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Comme à ses habitudes, la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné de la voix sur la situation politique en République de Guinée.

C’est par un communiqué laconique en date du dimanche 5 septembre 2021 et signé du président en exercice de l’Organisation Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président de la République du Ghana, que l’Organisation a fustigé le putsch qu’elle a condamné avec la plus grande fermeté. Le même communiqué dont notre rédaction s’est procurée une copie mentionne que la CEDEAO exige le respect de l’intégrité physique du Président de la République Alpha Condé et sa libération immédiate et sans condition ainsi que celle de toutes les personnes arrêtées. Elle exige également le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions. Pour nombre d’observateurs, c’est un réveil tardif pour la CEDEAO, qui veut jouer au médecin après la mort. Comment condamner un coup d’État militaire quand on a cautionné un coup d’État constitutionnel? S’interroge plus d’un.

De toute évidence, la fièvre est loin d’être tombée à Conakry. Et s’il faut saluer l’initiative des chefs de l’État de la CEDEAO qui essaient en même temps de préserver leurs fauteuils respectifs que l’exemple guinéen a mis en péril, la mauvaise gouvernance étant leur sport favori, il ne faut pas moins condamner leur réveil tardif. En effet, où étaient-ils quand les gouvernants guinéens ayant à leur tête Alpha Condé s’offraient impunément tous ses abus et griefs que le peuple leur reproche aujourd’hui? De plus, s’il faut toujours encourager la prise du pouvoir par les urnes et non par la rue, il ne faut pas non plus priver le peuple de son droit, ce privilège de retirer à ses dirigeants, le mandat qu’il leur a confié, quand ils en font une mauvaise gestion. Le cas du Burkina Faso, où la rue, au nez et à la barbe de la CEDEAO, a fait partir Blaise Compaoré, en Octobre 2014, devrait rappeler aux syndicat des chefs de l’État que la légitimité populaire peut bien prendre le dessus sur la légalité quand la situation de déliquescence s’établit.

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En tout cas, il urge pour les guinéens de s’unir pour faire front commun contre la corruption et la pauvreté. Quand la pluie vous tape, ne vous frappez plus entre vous, enseigne l’adage.

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