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Société

Loi modificative sur la santé sexuelle et de reproduction: les appréciations du Prof Francis Moïse Dossou

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Président de l’Ordre national des Médecins du Bénin (Onmb), le professeur Moïse Francis Dossou s’est prononcé sur la loi modificative sur la santé sexuelle et de reproduction. Si la loi rend responsable la femme de son corps, le médecin humaniste et humanitaire est soulagé par la décision.

« L’adoption de la nouvelle qui actualise l’ancienne en legalisant l’avortement pour des raisons autres que sanitaires est à la fois douloureuse et salutaire. Douloureuse pour le chrétien que je suis mais le médecin que je suis aussi, forcément humaniste et humanitaire, ne peut qu’être soulagé par cette décision. J’espère que l’option prise par le gouvernement et le parlement nous permettra de ne plus rencontrer ces situations déplorables où nous assistons impuissants aux décès de ces femmes ayant avorté clandestinement dans des conditions exécrables, ces femmes qui perdent leur faculté de concevoir à cause d’un utérus détruit par des personnes incompétentes guidées par l’attrait du gain facile.

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La loi 2021-12 rend la femme responsable de son corps et oblige le médecin à l’assister dans ses volontés. Reconnaissons que nous devons rester vigilants pour éviter les dérives mais commençons déjà quelque part. Cependant, n’oublions pas que tout avortement, même réussi, se solde également par d’énormes conséquences psychologiques voire spirituelles. De plus, les avorteurs « professionnels », ceux qui font de l’avortement leur gagne-pain, finissent souvent mal leurs carrières.
La réalité, c’est qu’avec le niveau d’éducation général de nos filles et des femmes, elles ont des grossesses non désirées, et souhaitent souvent s’en débarrasser. Et elles sont prêtes à tout pour cela, elles prennent tous les risques pour se faire avorter dans les pires conditions qui soient. L’État et ses pouvoirs, aussi bien législatif qu’exécutif, ont l’obligation de veiller à la sécurité sanitaire des populations, prioritairement celles qui sont visibles. Cette loi permet à la femme enceinte, dans les conditions prévues, de faire arrêter sa grossesse. Personnellement, ça me gêne, parce que j’ai la conviction, étant chrétien, que la vie commence dès la conception (Jérémie 1, verset 5) et qu’il faut la protéger dès cet instant. Je ferai tous les efforts nécessaires pour convaincre la femme enceinte de garder sa grossesse mais c’est son corps et la loi l’en rend responsable.
C’est vrai que ça ne correspond pas tout à fait à notre culture béninoise, que la femme ait le droit de décider de quelque chose, d’autant plus que le pouvoir économique est aux mains des hommes… Donc, un autre pan de la question est celui du financement du suivi de la grossesse par l’état, pourquoi pas, nous sommes à l’ère du Bénin révélé… Nos rêves peuvent bien devenir des réalités… »

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