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Légalisation de l’avortement : « le Bénin est en phase avec les différents engagements nationaux et régionaux » selon Imorou Assan Aoudou

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Sociologue, spécialiste des questions de Santé et Droits Sexuels et Reproductifs, Imorou Assan Aoudou s’est prononcé sur le vote de la loi modificative sur la santé sexuelle et de reproduction. A en croire ses propos, cette loi va permettre d’éviter les avortements faits dans les conditions clandestines et surtout auprès des agents de santé non qualifiés.


« Le vote de la loi sur l’avortement est en phase avec les différents engagements que le Bénin a pris au niveau national, régional et international en matière de la Santé et des Droits, Sexuels et Reproductifs depuis des années. Il s’agit du Plan de Mapouto, de l’agenda 2030, et des engagements de la CIPD94 et CIPD25.

Voter cette loi, c’est éviter les avortements faits dans les conditions clandestines. Il faut souligner qu’au Bénin, les données indiquent clairement que l’avortement est une cause de mortalité maternelle et souvent pratiqué autant par les femmes mariées que les jeunes filles. Comme le Ministre de la Santé, l’a dit lors de son intervention à la suite de l’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi modificative, des décrets d’application seront pris pour préciser et encadrer les conditions de recours à l’avortement.


Le vote de cette loi modificative intervenue le jeudi 21 octobre 2021 peut réduire mais ne va pas mettre fin à l’avortement non sécurisé. Comparaison n’est pas raison, mais nous avons aussi la planification familiale qui est autorisée par le gouvernement et qui n’est toujours pas acceptée par la majorité des filles et couples. Les avortements non sécurisés seront toujours pratiqués surtout que les normes sociales et religieuses qui orientent nos comportements n’en sont pas favorables.
En somme, le vote de la loi sur l’avortement sécurisé n’est qu’une étape. Les décrets définiront les personnes en mesure de prouver les conditions énumérées. Depuis 2003 que la loi sur la santé sexuelle et reproductive est adoptée, les décrets d’application n’ont jamais été pris pour préciser qui peut dire que :
1- la grossesse est un risque de santé pour la mère ;
2- l’enfant est porteur d’une maladie qui met en jeu son pronostic de survie ;
3- la grossesse est issue d’un viol.
C’est donc la prise de décrets, comme l’a dit le ministre de la Santé, qui va donner les détails ».

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