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Sébastien Chadaud Pétronin fils de l’ex-otage : «Ma mère va très bien»

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«J’y reviendrai». En posant le pied sur le sol français le 9 octobre 2020, tout juste libérée après trois ans et neuf mois de captivité aux mains d’un groupe djihadiste au Mali, l’ex-otage française Sophie Pétronin avait dit vrai. Elle rentrerait «chez elle», là où elle vit depuis une vingtaine d’années. D’une part, pour y retrouver sa fille de cœur qu’elle n’a plus vue depuis son enlèvement le 24 décembre 2016 à Gao; d’autre part, pour y poursuivre son sacerdoce: venir en aide aux populations les plus démunies, principalement les nourrissons et les enfants en bas âge, orphelins.

Avis de recherche suspect

À son arrivée à Bamako, elle loge dans un appartement discret. Elle affirme à notre confrère Anthony Fouchard que «les autorités suisses, françaises et maliennes n’ignorent rien de son arrivée». Quelques jours après, elle retrouve sa fille qui arrive de Gao. Rien ne lui importe plus. Durant cette trop longue séparation, Zeinabou a passé son baccalauréat. Jusqu’à samedi dernier, elles vivaient toutes les deux tranquillement à Bamako. Ce samedi 30 octobre, un avis de recherche a pourtant été lancé par les autorités maliennes à l’encontre de Sophie Pétronin pour «l’appréhender». Pourquoi maintenant alors que le président Macron a annoncé la fin progressive de l’opération Barkhane au Mali et que celui-ci accuse la France «d’abandon en plein vol»?

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Affront aux militaires

Faut-il y voir une nouvelle provocation diplomatique? Le timing interpelle précisément. Cet avis de recherche intervient presque huit mois après l’entrée illégale de la septuagénaire sur le territoire malien. Elle aurait été vue dans le sud du Mali vers Sikasso, une zone rouge jugée dangereuse par l’État français. Ce qu’elle dément dans Mediapart: «Je n’y ai pas mis les pieds une seule fois en 20 ans». Les autorités maliennes et françaises ne commentent pas. En revanche, les révélations de Mediapart ont scandalisé le gouvernement français et une large majorité de la classe politique. Tous qualifent le retour de l’ex-otage au Mali comme irresponsable et comme un affront vis-à-vis des militaires qui vont justement secourir à l’étranger des ressortissants français comme elle, au péril de leurs vies.

«Je ne suis pas inquiète»
Que risque Sophie Pétronin? Est-elle à son domicile dans la banlieue de Bamako ou a-t-elle fui dès qu’elle a compris qu’elle était activement recherchée? Son témoignage exclusif ce mardi 2 novembre dans la presse est pourtant postérieur à la diffusion de l’avis de recherche sur les réseaux sociaux. «Pourquoi irresponsable ? Je suis chez moi ici, a-t-elle dit au téléphone à un correspondant de l’AFP, répondant ainsi au gouvernement français, Oui, je suis au Mali depuis un moment. Mais je ne suis pas inquiète et je ne suis pas inquiétée. Je n’embête personne et personne ne m’embête. Je ne sais pas si je suis recherchée et pourquoi.»

Des poursuites?

Dans l’impossibilité de joindre sa mère, lematin.ch a recontacté Sébastien Chadaud-Pétronin qui a joué un rôle capital dans toute cette affaire. De la prise d’otage à la libération, de leur retour en Suisse à leur nouveau départ vers le Mali et leur arrivée à Bamako. Mercredi après-midi 3 novembre, le quinquagénaire a décliné tout entretien téléphonique, la conversation aura duré trois petites minutes: «Je ne peux pas faire de déclarations. Il faut qu’on voit avec le reste de la famille si on parle ou pas. Pour l’instant, on ne souhaite pas s’exprimer.

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Nous insistons: «N’était-ce pas trop risqué? Où est votre maman actuellement? Comment va-t-elle?» Pour unique réponse, nous obtiendrons: «Ma mère va très bien». Il est vrai que la situation est extrêmement délicate pour lui aussi. Le fils de l’ex-otage va-t-il être poursuivi par la justice? Et si oui, par la justice de quel État? Le Neuchâtelois d’adoption a promis de nous parler dès qu’il le pourrait.

Avec le matin.ch

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