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Covid-19: Des cerfs testés positifs, les États-Unis craignent un potentiel réservoir du coronavirus

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Selon une étude américaine, 80% des cerfs de Virginie testés entre décembre 2020 et janvier 2021 dans l’Iowa, aux États-Unis, sont positifs au Covid-19. Les auteurs craignent qu’ils ne deviennent un nouveau réservoir du virus.Après les chauves-souris et les visons, les cerfs sont-ils devenus le nouveau réservoir du Covid-19 ? Selon une étude américaine repérée par Les Échos, ces animaux sont de plus en plus touchés par le virus. Alors qu’ils n’étaient qu’un tiers à être positifs au SRAS-CoV-2 entre avril et décembre 2020, ils étaient plus de 80% entre novembre 2020 et janvier 2021.


L’examen des cerfs tués sur la route ou lors de parties de chasse fin 2020 dans l’Iowa démontre qu’au moins un tiers d’entre eux avait contracté le Sars-CoV2. Les scientifiques se demandent si les cervidés ne pourraient pas représenter un « réservoir » de virus, potentiellement dangereux pour les êtres humains.

Une étude scientifique publiée le 1er novembre dernier par des vétérinaires de l’Université d’État de Pennsylvanie révèle qu’au moins un tiers des cerfs de Virginie ont été testés positifs au coronavirus Sars-CoV2 entre septembre 2020 et janvier 2021 dans l’Iowa. Une annonce qui suscite de vives inquiétudes aux États-Unis quant à la persistance de la pandémie et au risque de propagation du virus de l’animal vers l’homme.

Pour cette étude, qui n’a pas encore été soumise à la relecture de pairs, les scientifiques ont testé 300 cerfs de Virginie dans l’Iowa durant le pic des contaminations au Covid-19 chez les humains, en 2020. « Nous avons constaté que 80 % des cerfs échantillonnés en décembre étaient positifs pour le SRAS-CoV-2, ce qui représente proportionnellement un taux de positivité environ 50 fois plus élevé que ce qui avait été signalé au pic de l’infection chez l’Homme à l’époque », indique Suresh Kuchipudi


Cette nouvelle découverte vient en effet appuyer de précédentes recherches qui, fin juillet, indiquaient que 40 % de la population de cerfs dans le nord-est des États-Unis et dans le Midwest possédaient des anticorps contre le coronavirus.

« Un hôte alternatif en plus des humains »

Le fait que des animaux sauvages, comme les cervidés, puissent porter le Sars-CoV2 inquiète dans la mesure où ils pourraient ainsi représenter un réservoir important de virus et pourraient le transmettre à l’homme de manière périodique.

Suresh Kuchipudi, vétérinaire spécialisé en virologie à l’Université de Pennsylvanie qui a codirigé l’étude, a déclaré à la National public radio : Si le virus a la possibilité de trouver un hôte alternatif en plus des humains, une sorte de réservoir, de refuge, cela permet au virus de continuer à circuler même si toute la population humaine est immunisée. Il deviendra alors de plus en plus compliqué de gérer voire d’éradiquer le virus. Si nous voulons continuer à être proactifs contre les variants – et ne pas être surpris par l’apparition soudaine de l’un d’entre eux – il est urgent de continuer à surveiller le Sars-CoV2 dans la faune, en particulier chez les animaux qui pourraient servir de réservoir, comme le cerf​.

Vivek Kapur, microbiologiste à l’université de Pennsylvanie et coauteur de l’étude, s’est dit surpris ​par le nombre de cas positifs découverts dans le cadre de l’étude. Des animaux qui ont été examinés après avoir été tués sur la route ou lors de parties de chasse.

Pas de recommandation particulière pour les chasseurs

Le Dr Diego Diel, professeur de virologie à l’Université Cornell, a toutefois expliqué à USA Today qu’on ne sait toujours pas ​si les cerfs de Virginie sont un réservoir de ces virus​, ni s’ils peuvent transmettre le virus aux humains​.

En dépit de cette étude, aucune recommandation particulière n’a été émise. Le Département des ressources naturelles (DNR) de l’Iowa, qui gère les questions liées à la chasse, recommande aux chasseurs d’appliquer simplement les recommandations habituelles liées à la chasse du gibier, comme le port de gants et la cuisson complète de la viande pour minimiser le risque d’exposition. À ce jour, il n’y a aucune information indiquant qu’on peut contracter le virus en mangeant de la nourriture, y compris du gibier issu de la chasse​, indique une porte-parole du DNR citée par USA Today.

L’étude vétérinaire publiée la semaine dernière met en lumière la situation des cerfs de l’Iowa, mais précise qu’il n’y a aucune raison de croire que la même chose ne se produit pas dans d’autres États où les cerfs sont présents. On estime à environ 30 millions la population de cerfs présents aux États-Unis.

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                                                                                                                               Louisa-Carla (coll)

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