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Politique

Élection présidentielle au Chili: José Antonio Kast, candidat ultraconservateur, donné favori

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José Antonio Kast, du Parti républicain, le 12 novembre 2021.
Au Chili, c’est l’élection présidentielle la plus importante depuis près de 30 ans. Quinze millions de personnes sont appelées aux urnes ce dimanche 21 novembre pour renouveler le Congrès et choisir qui succèdera à Sebastian Piñera  à la tête du pays.


Ce sont les premières élections générales depuis le mouvement social historique contre les inégalités il y a deux ans. Le Chili est aussi en pleine rédaction d’une nouvelle Constitution, et la campagne présidentielle s’est polarisée ces dernières semaines. Le candidat d’extrême-droite est monté en puissance dans les enquêtes d’opinion et il apparaît ainsi dans les médias chiliens comme l’un des deux favoris de cette élection.

Notons que,José Antonio Kast, un avocat de 55 ans, défenseur de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) et admirateur du président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, grimpe depuis plusieurs semaines dans les enquêtes d’opinion. Cette montée s’est faite au détriment du candidat de la droite libérale Sebastian Sichel (9%), 44 ans, représentant de la coalition du président sortant, Sebastian Piñera.

Selon les sondages, Gabriel Boric, plus jeune candidat à la présidentielle de l’histoire du Chili, et José Antonio Kast, devraient disputer le deuxième tour le 19 décembre. En troisième position arrive la sénatrice démocrate-chrétienne Yasna Provoste (13%). Plus de 15 millions de Chiliens sont appelés aux urnes pour élire leur président, renouveler le Parlement et désigner leurs représentants régionaux.


Ancien parlementaire, José Antonio Kast défend le modèle économique néolibéral hérité de la dictature. Il est anti-avortement, anti-mariage homosexuel et veut creuser un fossé à la frontière nord du Chili pour éviter l’arrivée de migrants latino-américains. Pour lui, le régime du général Pinochet n’était pas une dictature. En fait, il bénéficie en partie de la très mauvaise campagne que mène un autre candidat, Sebastian Sichel. C’est un ancien ministre qui est soutenu lui par la coalition de droite au pouvoir. Et ce n’est pas vraiment un cadeau, car le président et le gouvernement sont très impopulaires aujourd’hui.

À gauche, c’est un jeune député, ancien leader étudiant, qui apparaît comme favori pour l’instant. Il s’appelle Gabriel Boric, il a seulement 35 ans. Il est barbu, il a quelques tatouages et il s’est fait connaître lors du grand mouvement pour la gratuité de l’éducation au Chili, en 2011. Il représente la nouvelle gauche chilienne, issue notamment des mouvements sociaux, avec un programme plutôt féministe, écologiste. Il promet de mettre fin au système de retraites privées par capitalisation, de refonder le système de santé. Il est soutenu par le parti communiste et cela lui vaut des critiques de la part de la droite mais aussi du centre-gauche. La démocrate-chrétienne Yasna Provoste par exemple. C’est la seule femme candidate et elle promet la modération, la stabilité, et la négociation pour faire sortir le pays de la crise sociale et politique qu’il traverse depuis deux ans.

À quelques jours du scrutin, pas de certitude concernant les résultats du premier tour. Les sondages ne sont vraiment pas fiables au Chili. Ce qu’on peut dire, c’est qu’a priori aucun des candidats ne devrait avoir de majorité claire au Congrès. Et le ou la future présidente aura de nombreux défis à gérer : sortir le pays de la crise du Covid-19, répondre aux demandes du mouvement social contre les inégalités, ou encore assurer la transition vers une nouvelle Constitution. Car une Assemblée constituante est en train de rédiger le texte qui devrait remplacer la charte fondamentale héritée de la dictature de Pinochet. La nouvelle Constitution doit être prête pour juillet prochain, puis sera soumise à référendum. Si elle est approuvée il faudra probablement organiser une nouvelle élection présidentielle.

Ce 15 novembre aura lieu le dernier débat présidentiel télévisé entre les candidats et demain mardi le Sénat est appelé à dire si oui non le président actuel, Sebastian Piñera doit être destitué, suite au scandale des « Pandora Papers ».

                                                                                                                                       Louisa-Carla (coll)

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