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Covid-19: faudra-t-il revenir à la gratuité des tests?

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La barre des 10 000 nouvelles contaminations a été dépassée pour la première fois depuis deux mois. Pour lutter contre cette cinquième vague, l’épidémiologiste Pascal Crépey propose de rendre à nouveau les tests de dépistage gratuits.Aussi,plusieurs spécialistes estiment que faire payer les tests revient à retarder la détection des personnes atteintes du Covid. Ils recommandent donc de les rendre de nouveau gratuits, comme c’était le cas avant le 15 octobre.


Depuis le 15 octobre, les personnes majeures non-vaccinées qui n’ont pas de prescription médicale et qui ne sont pas cas contact doivent payer pour se faire tester contre le Covid-19 en France: 44 euros pour un test PCR, 22 euros pour un test antigénique.

Le gouvernement avait mis en place cette mesure pour inciter les Français à se faire vacciner. Au 16 novembre, plus de 51 millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin.

Le délai entre symptômes et test n’a jamais été aussi long
Mais selon certains épidémiologistes, la mesure contribue à sous-estimer l’ampleur du nombre de contaminations actuellement, car certaines personnes pourraient ne pas aller se faire tester pour des raisons financières : « il y a probablement une sous-estimation du nombre de cas en France », abonde Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines sur le site de L’Express.


Il estime que faire payer les tests conduit à retarder leur accès: « ne pas avoir un accès rapide aux tests pourrait être préjudiciable, car si vous avez des symptômes ou si vous êtes cas contact et que vous devez passer par une prescription médicale pour pouvoir faire ce test, cela retarde le diagnostic, la prise en charge, et tout cela amène aussi à propager le virus », argumente-t-il. « Le gros problème de cette maladie c’est que l’on est infectieux avant d’avoir des symptômes: vous êtes donc contaminants plus longtemps, car vous allez vous dépister plus tardivement. »

« Cela contribue à augmenter le taux de reproduction de l’épidémie », constate sur notre antenne Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste de la modélisation des épidémies au CNRS. Mais selon lui, « ce n’est pas un problème majeur pour le suivi de l’épidémie ».
« C’est quelque chose qu’il faudra peut-être reconsidérer »
Depuis la fin de la gratuité des tests, le délai entre les premiers symptômes et la réalisation d’un test augmente, y compris chez les personnes symptomatiques, explique ce mardi à BFMTV l’épidémiologiste Dominique Costagliola. D’après Santé publique France dans son dernier bulletin, ce délai est désormais de 2,5 jours en moyenne et n’a jamais été aussi long depuis le début de l’épidémie.

Pour le professeur Éric Caumes, la fin du remboursement des tests \
En moyenne, selon Santé publique France, plus de 9000 cas positifs de Covid sont détectés en France chaque jour. Le professeur Eric Caumes, infectiologue à l’Hôtel-Dieu, juge que la nouvelle mesure tronque les comparaisons épidémiologiques: « on ne peut pas comparer la situation de l’épidémie actuelle avec celle qui était là il y a un mois quand les tests étaient encore remboursés », estime-t-il sur notre antenne.

« Pas à l’ordre du jour » de revenir à la gratuité
Comme le souligne encore Dominique Costagliola sur notre antenne, dans certains pays, dont l’Allemagne, après avoir été payants pendant quelques semaines, les tests sont de nouveau gratuits car les contaminations sont en hausse. La non gratuité des tests est donc pour elle « quelque chose qu’il faudra peut-être reconsidérer », notamment « le jour où on va avoir des traitements » contre le Covid-19. L’un de ces traitements antirétroviraux actuellement à l’étude « doit être donné dans les 5 jours après les (premiers) symptômes. Si on tarde à faire le diagnostic, ces traitements vont perdre leur intérêt », alerte la directrice de recherche à l’INSERM.

Nos confrères du Parisien ont interrogé le ministère de la Santé sur la possibilité de revenir à la gratuité des tests pour tous. « Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour », ont répondu les équipes d’Olivier Véran, estimant qu’une « écrasante majorité » de Français pouvait encore profiter de la gratuité.

La gratuité aurait un effet d’entraînement. Le nombre de gens testés augmenterait, faisant mécaniquement remonter le nombre de lieux où il est possible de réaliser un prélèvement. Et comme il est plus facile de se faire tester sur le chemin pour aller au travail, plutôt que d’avoir à prendre sa voiture pour y aller exprès, plus de gens le feront.

                                                                                                                                     Louisa-Carla (coll)

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