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Politique

Liban : le président Michel Aoun renonce à organiser des élections législatives en mars 2022

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La situation économique au Liban est très compliquée, particulièrement depuis l’explosion du port au mois d’aout 2020.L’espoir d’une amélioration par la politique de la situation au Liban, en proie à une grave crise, s’éloigne alors que le président maronite Michel Aoun a annoncé renoncer à l’organisation d’élections législatives en mars prochain.Le président Libanais, Michel Aoun, a affirmé qu’il ne signera pas le décret de convocation du collège électoral pour des élections législatives le 27 mars prochain, et qu’il n’approuvera que les dates du 8 ou du 15 mai 2022, tout en se prononçant contre la prorogation de la présente législature, selon des propos rapportés vendredi par le quotidien libanais al-Akhbar, proche du Hezbollah.

« Je ne signerai pas de décret convoquant le collège électoral à un scrutin le 27 mars (…) Je n’accepterai que deux dates pour les élections, le 8 ou le 15 mai », a ajouté le chef de l’Etat ». Après le 15 mai, il ne restera plus qu’une semaine avant l’expiration du mandat de la Chambre, le 21 mai . »Un nouveau Parlement devrait donc être élu avant cette date », a indiqué le président libanais.

Expliquant les motifs de son refus d’avancer la date du scrutin, M. Aoun a fait valoir que certains jeunes risquent d’être privés de leur droit de voter, ainsi que les conditions climatiques du mois de mars, notamment dans les régions montagneuses.

« Pas de prorogation »
Concernant le recours en invalidation présenté devant le Conseil constitutionnel par le Courant patriotique (CPL), le parti qu’il avait fondé, M. Aoun a dit « parier sur le Conseil constitutionnel » pour trancher la question, tout en s’opposant à toute prorogation de la législature. « Pas de prorogation. Nous avons encore le temps jusqu’au 8 mai », a-t-il souligné, estimant qu’il n’y a pas de raisons pour ne pas tenir les législatives.

À peine inscrits, des électeurs de la diaspora harcelés par des partis traditionnels
Contrairement à la  volonté du chef de l’État, le président du Parlement, Nabih Berry, et ses alliés veulent que la consultation populaire se tienne en mars, en arguant du fait que le mois de jeûne du Ramadan tombe en avril, ce qui risque d’impacter la campagne électorale des candidats musulmans. Le 28 octobre dernier, le Parlement avait amendé la loi électorale pour avancer la date du scrutin, mais le chef de l’Etat avait rejeté cet amendement, ainsi que d’autres relatifs notamment aux modalités de vote des émigrés, avant qu’il ne soit de nouveau validé par la Chambre.

Le recours présenté par les députés aounistes a fait craindre un report de la consultation populaire. « Les élections seront organisées », a affirmé, pour sa part, le chef du CPL et gendre de Michel Aoun, Gebran Bassil, dans un entretien au quotidien koweïtien al-Qabas. « Celui qui veut torpiller les élections, c’est celui qui manipule la loi », a-t-il affirmé, dans une critique implicite de M. Berry, avec qui M. Aoun est à couteaux tirés. « Le recours n’influera pas sur les législatives », a-t-il estimé, précisant que la question sera tranchée le 17 décembre et que les législatives se tiendront le 8 mai. 

Pas de vide à la présidence
Pour ce qui est de la présidentielle prévue en octobre 2022, le chef de l’État n’y est pas allé par quatre chemins : « A la fin de mon mandat, je laisserai certainement la place, au palais de Baabda, à un président qui me succédera. Je ne remettrai pas le pouvoir au vide », a-t-il affirmé. La présidentielle nécessite qu’un nouveau Parlement soit élu, et M. Aoun n’a pas caché ses craintes sur ce plan : « Je crains que l’on ne parvienne pas à élire mon successeur, et le gouvernement sera alors obligé d’exercer les prérogatives du chef de l’État, conformément à la Constitution », a-t-il souligné, disant craindre que d’aucuns, qu’il n’a pas nommés, « veuillent créer un vide ».

M. Aoun, dont le mandat avait débuté en 2016 après plus de deux ans de vacance de la présidence, a souligné, par ailleurs, qu’il « n’y aura plus dorénavant un président qui ne représente personne, mais il doit être l’émanation de sa base ». Pendant deux ans, l’actuel président s’était employé à empêcher l’élection d’un autre candidat que lui-même, en arguant du fait qu’il était le candidat le plus représentatif des chrétiens. Il avait fini par obtenir, outre le soutien du Hezbollah, celui de son rival historique Samir Geagea, chef des Forces libanaises, et de Saad Hariri, leader du courant du Futur.

La crise diplomatique
Le chef de l’État a commenté, par ailleurs, la crise diplomatique avec les pays du Golfe, déclenchée par des propos polémiques du ministre de l’information, Georges Cordahi, sur le rôle de Riyad dans la guerre du Yémen. « J’ai affirmé, à plusieurs reprises, vouloir les meilleures relations avec l’Arabie saoudite. J’ai même plaidé pour leur institutionnalisation, afin qu’elles ne soient plus influencées par (des déclarations) individuelles », a-t-il affirmé. M. Aoun a rappelé qu’avant la brouille suscitée par les propos de M. Cordahi, le royaume wahhabite avait boudé le leader sunnite, Saad Hariri, allié local de longue date de Riyad, « avant d’arriver au 4 novembre 2017 », lorsque le chef du courant du Futur avait été séquestré à Riyad et contraint d’annoncer sa démission de son poste de Premier ministre.

Il faut distinguer la position du Hezbollah de celle du Liban officiel, affirme Bassil
« Par la suite, nous avons passé un an et demi à tenter de former un gouvernement, pour qu’il (Saad Hariri) puisse se réconcilier avec l’Arabie saoudite. Et quand il a échoué, il s’est récusé (le 15 juillet 2021, ndlr), a encore dit le président libanais, avant d’ajouter: « Aujourd’hui, le problème est là, mais il n’y a pas de médiation, parce que la solution doit commencer par un dialogue direct, rompu actuellement, même avec le Premier ministre (Nagib Mikati) », a-t-il regretté, faisant toutefois état de « signaux » sur lesquels nous travaillons, en espérant des résultats positifs ». M. Aoun a tenu à préciser, par ailleurs, qu’il est lié au Hezbollah par « une entente » et « non une alliance », l’entente dite de Mar Mikhaël conclue en 2006.

                                                                                                                                         Louisa-Carla (coll)       

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