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Des manifestants appellent Miss Afrique du Sud à boycotter le concours de Miss Univers en Israël

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En Afrique du Sud, la société civile continue de faire pression sur Lalela Mswane, élue reine de beauté du pays, alors que se rapproche le concours de Miss Univers. La compétition mondiale doit se tenir à Eilat, en Israël, le 12 décembre prochain, un scandale pour les militants de la cause palestinienne qui appellent la jeune femme de 24 ans à boycotter l’événement, afin de condamner la politique israélienne, souvent comparée, dans le pays, à la politique de l’apartheid.

L’actuelle Miss Afrique du Sud, Lalela Mswane , se trouve dans une situation inconfortable. Le gouvernement a annoncé cette semaine avoir échoué à persuader les organisateurs du concours de Miss Afrique du Sud de boycotter l’événement pour protester contre la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens .


Une centaine de manifestants se sont réunis, vendredi 19 novembre, devant le siège du comité d’organisation, à Johannesburg, afin d’exprimer leur mécontentement. Le mouvement a pris de l’ampleur depuis que l’ANC et le gouvernement se sont rangés du côté des associations qui appellent au boycott, comme Africa4Palestine.

Le « devoir » de soutenir les Palestiniens
« Étant donné notre histoire et la façon dont le mouvement, pour imposer des sanctions, a fonctionné afin d’affaiblir le régime de l’apartheid, nous avons désormais le devoir de soutenir les Palestiniens dans leur combat pour la liberté », a souligné l’ancien militant contre l’apartheid, Farid Esack, porte-parole de l’organisation Africa4Palestine.

Des étudiantes de l’Université de Johannesburg, comme Zinhle, 24 ans, ont aussi souhaité faire entendre leur voix.

« Miss Afrique du Sud représente les femmes et surtout les femmes noires. Notre génération a eu la chance de grandir dans un pays sans apartheid. Son choix lui appartient, à la fin, mais nous poussons un cri très fort et je suis sûre qu’elle saura l’entendre », dit, pour sa part, une étudiante.

« Couper les liens économiques et culturels »
Mandla Mandela, petit-fils de Nelson Mandela et député ANC, est lui aussi venu soutenir le mouvement : « Le président Cyril Matamela Ramaphosa a retiré, il y a deux ans, notre ambassadeur d’Israël et de son régime d’apartheid. Depuis, nous continuons à dire qu’il faut couper les liens économiques et culturels. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous demandons le boycott de Miss Univers. »

 
Au début de l’année, l’organisation Human Rights Watch , basée à New York , et le groupe israélien de défense des droits B’Tselem ont déclaré séparément que ces politiques « équivalaient à un apartheid » , établissant des comparaisons avec le système brutal de discrimination raciale en Afrique du Sud jusqu’en 1994. Allégations rejetées par Israël, qui avait accusé les deux groupes de partialité.

Le gouvernement sud-africain refuse de s’associer au 70e concours annuel de Miss Univers car « les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens sont bien documentées » , a déclaré le ministre des Arts, des Sports et de la Culture, Nathi Mthethwa , dans un communiqué publié plus tôt cette semaine.

Ce qui a suscité la colère du South African Jewish Board of Deputies (SAJBD) . « L’Afrique du Sud entretient des liens diplomatiques et de vastes relations commerciales avec Israël. Elle s’engage dans des événements tels que celui-ci, comme l’accueil de l’équipe israélienne de Coupe Davis en 2018 » , avance Wendy Kahn, directrice nationale du conseil. Elle accuse Nathi Mthethwa de politiser le concours de beauté tout en omettant d’aborder les difficultés rencontrées par les artistes sud-africains pendant le confinement.

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC) , soutient les appels au boycott, prévenant que « les dommages causés dépasseront de loin tout glamour qui pourrait en découler » . Le parti d’opposition de gauche, les Economic Freedom Fighters , et d’autres organisations pro-palestiniennes, dont la fédération syndicale COSATU , font également pression sur les organisateurs de Miss Afrique du Sud.

                                                                                                                                        Louisa-Carla (coll)

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