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Politique

Élections au Chili: Fabiola Campillai, une candidate en lutte pour des réformes sociales

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Fabiola Campillai le 2 juillet 2021 lors d’un rassemblement réclamant la justice pour les personnes blessés lors des manifestations d’octobre 2019 au Chili.
Quinze millions de chiliens s’apprêtent à voter pour les premières élections générales depuis le mouvement social de 2019. Une élection présidentielle, des élections législatives et aussi sénatoriales partielles, avec une candidate hors du commun dans le paysage politique chilien : Fabiola Campillai, qui a été rendue aveugle par des tirs de la police il y a deux ans.



En ce week-end de printemps austral, Fabiola Campillai et son équipe de campagne distribuent des tracts sur le marché de San Bernardo, en banlieue sud de Santiago. « Candidate au Sénat pour la région de Santiago ! Première fois qu’une femme d’un quartier populaire de cette commune est candidate au Sénat ! », crie à l’intention des passants sa directrice de campagne, Mariana San Martin.

Il y a deux ans, en plein mouvement social contre les inégalités, les policiers ont tiré une bombe lacrymogène au visage de cette ouvrière, alors qu’elle allait à son travail. Elle a perdu complètement la vue, le goût et l’odorat. « Vous serez mes yeux, je serai votre voix », dit-elle aujourd’hui aux électeurs. Elle s’adresse en particulier à ceux qui sont descendus dans la rue fin 2019.

Les candidats indépendants – acteurs, écrivains, professeurs, travailleurs sociaux, avocats –, dont beaucoup avaient participé au plus grand soulèvement social des dernières décennies, amorcé en octobre 2019 pour réclamer une société plus égalitaire, supplantent ceux des partis traditionnels et raflent le reste des votes.

« Les citoyens en ont assez des partis traditionnels »
Selon Marcelo Mella, politologue à l’université de Santiago, « la plupart [des candidats indépendants] sont des outsiders, sans étiquette et critiques envers les partis traditionnels ». Malgré l’absence de sondages et des prévisions électorales difficiles, aucun analyste n’avait anticipé une telle razzia de ces candidats ou le piètre résultat de la droite au pouvoir, unie avec l’extrême droite sur une seule liste, alors que se profile, en novembre, l’élection présidentielle.
« Pour nous une vie digne cela veut dire : de meilleures retraites pour les personnes âgées, car elles touchent des pensions misérables aujourd’hui. Un meilleur système de santé, car personne ne s’occupe des listes d’attente très longues ici. Et puis une meilleure éducation : ce n’est pas possible que les jeunes se retrouvent endettés pendant des années à cause de leurs études », explique la candidate au Sénat.

Grace 21 ans, vient d’une famille modeste. Elle pense voter pour cette candidate indépendante dimanche. « Elle vit la même réalité que nous, pas comme les candidats des quartiers chics », explique la jeune femme. Si elle est élue, Fabiola Campillai serait la première parlementaire non voyante de l’histoire du Chili.

                                                                          Louisa-Carla (coll)

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