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Message de Jacques BONOU à son très cher ami : AÏVO Gérard, un brillant parcours universitaire jusqu’à l’Agrégation

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Mon ami, mon compagnon de route, mon frère,
Tu viens de réussir brillamment à l’exigent concours d’agrégation. Certains sont surpris, mais pas moi. Car ceux qui t’ont côtoyé depuis longtemps et connaissent ton parcours, savaient que tu allais atteindre ce haut niveau, comme ton grand frère Joël. Moi, j’ai eu la chance de vous côtoyer tous les deux, et si tu le permets, je voudrais en rendre témoignage.
Je m’appelle Jacques BONOU, Docteur en Droit et Avocat au Barreau de Seine-Saint-Denis (Bobigny-France).
J’ai connu Gérard AÏVO au Lycée Béhanzin à Porto Novo. Nous avons fait le Lycée ensemble et avons obtenu le Bac en 1999. Arrivés à l’Université d’Abomey-Calavi, nous nous sommes inscrits à la Faculté de droit et de science politique (FADESP) et avons obtenu ensemble la Licence en 2002, la Maîtrise en 2003. C’est là que nos chemins se sont momentanément séparés, car Gérard fut le premier de toute la promotion à soutenir son mémoire de Maîtrise en 2003 et part continuer ses études en France la même année.
En 2004 il obtient un Master 1 en « Droit international des droits de l’homme » à l’Université Catholique de Lyon. En 2005, il obtient simultanément deux Mater 2 ! Le premier est un Master 2 Professionnel en « Pratique des organisations internationales et protection des droits humains » de l’Université Catholique de Lyon ; le second est un Master 2 Recherche en « Droit international public » à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Gérard s’inscrit ensuite en 2006 en thèse de doctorat en droit international en cotutelle entre l’Université Jean Moulin Lyon 3 et l’Université de Genève sous la Direction des Professeurs Stéphane DOUMBE-BILLE (France) et Robert KOLB (Suisse). La thèse porte sur « Le statut de combattant dans les conflits armés non internationaux : étude critique de droit international humanitaire ». A l’issue de sa brillante soutenance de thèse le 14 octobre 2011, le Jury lui décerne le Grade de Docteur en droit international, Mention très honorable avec les Félicitations à l’unanimité.
Au vu de la qualité de ses travaux doctoraux, la ville de Lyon lui décerne en janvier 2012, le prix de la Meilleure thèse en droit de l’homme. En février 2012, soit quelques mois après sa soutenance de thèse, Gérard est qualifié aux fonctions de Maître de conférences des universités françaises par le Conseil National des Universités (CNU-France). Sa thèse est publiée aux Editions Bruylant (Belgique).
Après avoir enseigné diverses matières à l’université Catholique de Lyon, à l’Université Lyon 3 et à Science Po Lyon, Gérard AÏVO décide de faire cadeau de son grade de Maître de conférences à la France (et le salaire confortable qui va avec) et de rentrer servir le Bénin, car il souhaitait plus que tout enseigner au Bénin afin de participer à la formation des jeunes étudiants africains qui ont besoin d’enseignement de qualité. Il rentre donc définitivement au Bénin en 2014 où il est recruté à la Faculté de droit et de science politique de l’université d’Abomey Calavi en 2015. Il accepte ainsi avec humilité de recommencer à zéro, comme assistant à l’UAC, et de repasser ses grades dans le système universitaire africain CAMES. C’est ainsi qu’il réussit à accéder au Grade de Maître-Assistant en 2019 et s’engage dans la préparation du concours d’agrégation. Mais après l’arrestation brutale et l’incarcération injuste de son frère Joël AÏVO en avril 2021 pour des raisons politiques, Gérard encaisse le choc émotionnel et psychologique. Il est ébranlé, déstabilisé mais décide de faire face courageusement à cette épreuve et de ne pas abandonner la préparation du concours d’agrégation. Il rend visite régulièrement à son frère en prison pour lui apporter soutien et réconfort et, en retour, Joël l’encourage et lui prodigue des conseils pour mieux affronter les exigences du concours.
Finalement, avec une force psychologique impressionnante, un travail rigoureux et une volonté à toute épreuve, Gérard AÏVO réussit brillamment au Concours d’agrégation qui s’est déroulé du 04 au 17 novembre 2021 à Cotonou au Bénin. Cette réussite est non seulement une fierté pour la faculté de droit de l’UAC dont il porte haut l’étendard, mais aussi une fierté nationale.
Sur le plan international, Gérard AÏVO a été expert du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) sur les questions d’apatridie en Afrique, et Consultant de l’Université de New-York sur le droit béninois. Il est auteur de nombreuses publications scientifiques dans des revues nationales et internationales.
Je ne saurais terminer ce témoignage sans préciser que Gérard AÏVO est un universitaire talentueux, humaniste et généreux. Il m’a personnellement soutenu et motivé dans la préparation de ma propre thèse de doctorat à Paris. Il ne manque aucune occasion pour motiver ses étudiants à travailler dur, mais aussi pour les orienter sur le plan académique et être à l’écoute de leurs difficultés au point de payer les frais de scolarité de certains étudiants qui sont sur le point d’abandonner leurs études à cause des difficultés financières de leurs parents ou parce qu’ils sont orphelins (j’en suis témoin !). C’est pourquoi sa réussite a déclenché une vague d’émotion et de félicitations de la part des étudiants sur les réseaux sociaux.
Je rappelle que les AÏVO sont trois frères d’un même père (l’artiste-humoriste BABAYABO décédé en 1985) et d’une même mère (vendeuse de poissons fumés à la retraite) : Joël, l’aîné est Agrégé des facultés de droit, Professeur Titulaire de droit public, doyen honoraire de la Faculté de droit de l’UAC ; puis, Gérard, le cadet, est aussi et désormais Agrégé des Facultés de droit ; et enfin, Simon, le Benjamin, est Diplômé en comptabilité-gestion, Cadre d’une banque de la place. En ce moment précis, mes pensées vont vers leur mère, leur héroïne, celle qui, par ses sacrifices incommensurables, a sorti deux agrégés en Droit de son ventre et les a offerts à la Nation. Merci et Bravo Maman !
Gérard, mon cher ami, cher Professeur, merci de nous faire rêver, de nous montrer le chemin et de nous servir de modèle. Je suis très fier d’être ton ami, d’être un ami de la famille AÏVO.
Que le Seigneur te bénisse et te comble davantage de ses grâces. Mes salutations au Grand frère Joël qui, par la grâce de Dieu, sortira de prison plus grand et plus fort. Le meilleur reste à venir.
Fraternellement.                                    

Paris, le 21 novembre 2021
Jacques BONOU, Docteur en droit, Avocat au Barreau de Seine-Saint-Denis (Bobigny, FRANCE )

                                                                                                                                   Louisa-Carla (coll)

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