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Taïwan : la Chine accentue la pression avec des avions de guerre

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Les avions de l’armée chinoise ont effectué en novembre 159 incursions dans la zone de défense aérienne de Taïwan, selon la base de données de l’Agence France-Presse, dans un contexte de pression militaire croissante de Pékin sur l’île autonome démocratique. Novembre a été le troisième mois consécutif où plus d’une centaine d’avions de guerre ont fait des incursions dans cet espace sensible, avec 100 avions de chasse et 9 bombardiers chinois H6 à capacité nucléaire.

Au cours des 14 derniers mois, la menace a atteint de nouveaux sommets après que Pékin a commencé à envoyer un nombre croissant d’avions militaires dans la zone d’identification de défense aérienne (Adiz) de Taïwan. Le ministère taïwanais de la Défense a commencé à rendre publiques ces incursions d’avions de guerre chinois dans l’Adiz en septembre 2020 et l’Agence France-Presse a constitué une base de données rassemblant les détails de ces vols, qui ont augmenté en taille et en fréquence. Cette escalade a renforcé les craintes des alliés occidentaux comme les États-Unis et le Japon, qui redoutent que la Chine n’ordonne une invasion de Taïwan, qu’elle considère comme l’une de ses provinces. Ils jugent cependant cette éventualité peu probable pour l’instant. Mardi, le Pentagone a dévoilé des plans visant à renforcer les déploiements et les bases dirigés contre la Chine, en modernisant et en étendant les installations militaires à Guam et en Australie.


La zone de défense ne correspond pas à l’espace aérien de Taïwan, mais englobe une zone beaucoup plus vaste qui recoupe une partie de la zone d’identification de défense aérienne de la Chine. Pékin s’est contenté de sonder la partie sud-ouest de la zone, par de petits vols quasi quotidiens, mettant à rude épreuve la flotte taïwanaise de chasseurs, déjà vieillissante. Le mois d’octobre reste le plus actif avec 196 incursions, dont 149 en quatre jours seulement, alors que Pékin célébrait sa fête nationale annuelle. En novembre, les incursions à grande échelle ont été moins nombreuses, mais les avions ont afflué presque quotidiennement, trois jours seulement n’ayant pas été marqués par de nouvelles incursions. « La situation est particulièrement sombre avec des incursions quasi ininterrompues », a déclaré, lundi, le ministre de la Défense taïwanais, Chiu Kuo-cheng, alors que 27 avions chinois avaient été enregistrés la veille, un record en novembre et la cinquième plus importante incursion quotidienne enregistrée. L’objectif de la Chine « est de vous épuiser lentement, pour vous faire savoir [qu’ils ont] cette puissance », a-t-il commenté.
« Nous ne céderons jamais aux pressions »

Chiu Kuo-cheng a déjà prévenu que les tensions militaires entre Taïwan et la Chine étaient à leur plus haut niveau depuis quatre décennies, ajoutant que Pékin serait en mesure de lancer une invasion à grande échelle en 2025. Depuis le début de l’année, près de 900 avions chinois ont pénétré dans l’Adiz de Taïwan, et plus d’un millier depuis que le ministère de la Défense a commencé à en faire état. Un rapport bisannuel sur la défense publié en octobre souligne que la Chine a accru « les menaces en zone grise », comme les incursions d’avions de guerre, dans le but de « s’emparer de Taïwan sans combattre ».

Depuis l’arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête du pays, les avions militaires chinois ont pénétré presque quotidiennement dans l’Azid de Taïwan. De telles incursions de l’aviation chinoise se sont multipliées depuis deux ans, afin d’accentuer la pression sur Taïwan.

Des experts soulignent que les tensions entre la Chine continentale et Taïwan sont au plus haut depuis le milieu des années 1990, et des responsables militaires américains n’ont pas caché redouter que la Chine puisse envisager d’envahir l’île.Cette démonstration de force intervient quelques jours après que Pékin a reproché à la Grande-Bretagne d’avoir envoyé un navire de guerre, pour la première fois depuis 2008, dans le détroit de Taïwan.La Chine revendique le détroit qui sépare la Chine continentale de l’île de Taïwan, ainsi que la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, plus au sud.


La « zone grise » est un terme utilisé par les analystes militaires pour décrire des actions agressives soutenues par un État, qui s’arrêtent avant la guerre ouverte, également décrite comme « la terre des limbes entre la paix et la guerre » par le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace. « L’action coercitive de la République populaire de Chine (RPC) vise manifestement à mettre Taïwan à genoux et à nous éloigner de nos partenaires démocratiques », a tweeté, lundi, le ministre des Affaires étrangères Joseph Wu. « Ne vous méprenez pas : nous ne céderons jamais aux pressions du PCC », a-t-il ajouté.

                                                                                                                                   Louisa-Carla (coll)

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