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Migrants : le pape fustige le « repli sur soi et les nationalismes »

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Cinq après sa première visite, le pape François a appelé dimanche 5 décembre à mettre fin à un « naufrage de civilisation » lors d’un discours au camp de migrants de Mavrovouni à Lesbos, île grecque emblématique de la crise migratoire. La Méditerranée « est en train de devenir un cimetière froid sans pierres tombales, (…) comme un miroir de la mort », a lancé le souverain pontife devant des migrants.

« Ne permettons pas que la mare nostrum se transforme en une désolante mare mortuum, que ce lieu de rencontre devienne le théâtre de conflits ! (?) Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation ! » a-t-il poursuivi. Visiblement ému, le pape a appelé à « regarder le visage des enfants ». « Ayons le courage d’éprouver de la honte devant eux, qui sont innocents et représentent l’avenir », a-t-il exhorté. « Ne fuyons pas trop vite les images crues de leurs petits corps gisants sur les plages. » Fustigeant de nouveau le « repli sur soi et les nationalismes », le pape a appelé à « ne pas tourner le dos à la réalité », attaquant avec force « l’indifférence qui tue, le désintérêt cynique qui, avec ses gants de velours, condamne à mort ceux qui sont en marge ! ».

Le pape rejette «tout type d’instrumentalisation» face au drame des migrants
« Je suis là pour voir vos visages, pour vous regarder dans les yeux. Des yeux remplis de peur et d’attente, des yeux qui ont vu la violence et la pauvreté, des yeux embués par trop de larmes », a aussi déclaré le pape, accueilli par des chants religieux en français et en lingala. Le pontife a aussi jugé « triste d’entendre proposer comme solution l’utilisation de fonds communs pour construire des murs », car « ce n’est pas en élevant des barrières que l’on résout les problèmes ». Il a estimé « en revanche nécessaire d’accompagner les processus de l’intérieur pour surmonter les ghettoïsations et de favoriser une intégration lente et indispensable », avant de dire un Ave Maria, repris par l’assistance.

Citant tour à tour le «climat», la «pandémie», le «marché commun» et la «pauvreté généralisée», le pape a répété que la communauté internationale avait besoin d’une «collaboration concrète et active» à travers «un multilatéralisme qui ne soit pas étouffé par des prétentions nationalistes excessives».

Le souverain pontife s’est également inquiété du «recul de la démocratie, et pas seulement sur le continent européen». «Dans de nombreuses sociétés, préoccupées par la sécurité et anesthésiées par le consumérisme, la fatigue et le mécontentement conduisent à une sorte de scepticisme démocratique», a-t-il déclaré.

Face aux «ravages de la crise climatique», il s’est aussi dit «triste» de voir «de nombreux oliviers centenaires consumés par des incendies souvent provoqués par des conditions météorologiques défavorables», disant espérer que «les engagements pris dans la lutte contre le changement climatique ne seront pas qu’une façade».

                                                                                                                                    Louisa-Carla (coll)

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