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Politique

Îles Salomon : le Premier ministre pro-Pékin survit à un vote de défiance

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Le Premier ministre des îles Salomon, Manasseh Sogavare, a survécu à un vote de défiance, lundi 6 décembre, tout en accusant les « agents de Taiwan » d’avoir orchestré les récentes violences politiques qui ont plongé la nation insulaire du Pacifique dans la crise. 

« Si je dois être destitué, ce doit être par la procédure légale, par les membres du Parlement, et non par des appels à la démission lancés par des agents de Taïwan », a déclaré le leader pro-Pékin lors d’un discours parlementaire enflammé de deux heures.

Le leader de l’opposition, Matthew Wale, qui a présenté la motion, a accusé Manassah Sogavare d’utiliser des fonds chinois pour soutenir son gouvernement. Le dirigeant de 66 ans a, toutefois, confortablement repoussé la tentative de l’opposition de l’évincer, en obtenant 32 voix contre 15, après une journée de débats houleux.


Le Premier ministre a refusé les demandes de démission des manifestants, déclarant lundi au Parlement que quitter son poste dans de telles circonstances reviendrait à se soumettre « aux diktats des hooligans et de l’anarchie ».


Émeutes aux îles Salomon : le Premier ministre annonce qu’il restera au pouvoir
Les querelles entre les législateurs ont fait écho à la colère qui a récemment explosé dans les rues et entraîné l’arrivée de centaines de forces internationales de maintien de la paix.

Le mois dernier, une manifestation contre Manasseh Sogavare a déclenché trois jours d’émeutes dans la capitale, au cours desquelles au moins trois personnes ont été tuées, 63 bâtiments brûlés ou pillés et le quartier chinois de la ville saccagé. 

Points de contrôle dans le centre-ville
Avant le vote de lundi, des troupes armées et des policiers venus des pays voisins ont participé à la mise en place de points de contrôle dans le centre-ville de Honiara afin d’éviter de nouveaux troubles.

Ils ont utilisé des conteneurs pour isoler certaines zones de la capitale jonchée de décombres, ont fermé le port aux ferries en provenance des îles voisines et ont interdit la consommation d’alcool dans toute la ville. 

Un grand nombre de personnes ont été vues quittant la capitale sur des ferries affrétés dimanche avant le vote de défiance, s’attendant à de nouveaux incidents. 

La Chine et Taïwan se disputent l’influence dans le Pacifique depuis des décennies, les deux parties utilisant l’aide au développement comme appât.

La crise a été alimentée par la pauvreté, le chômage et les rivalités inter-îles dans cette nation de 800 000 habitants. Elle a été exacerbée par la décision de Manasseh Sogavare de faire passer l’allégeance diplomatique des îles Salomon de Taïwan à la Chine en 2019.

                                                                           
La perspective de nouvelles violences a incité le consulat des États-Unis à Honiara à restreindre ses activités.

67 millions de dollars de dégâts
Un grand nombre de personnes ont quitté Honiara pour les provinces sur des traversiers affrétés dimanche, et des conteneurs ont bloqué l’accès à certains quartiers du centre-ville.

Lundi, la Banque centrale des îles Salomon a évalué les dommages causés par les émeutes à 67 millions de dollars américains, précisant que 63 bâtiments de la capitale ont été brûlés et pillés.

M. Wale a accusé M. Sogavare d’utiliser des fonds chinois pour soutenir son gouvernement et a condamné les émeutes, tout en ajoutant qu’« elles ne sont rien en comparaison du pillage qui se produit au sommet aux dépens des habitants ordinaires des îles Salomon ».

M. Wale a affirmé que Pékin effectuait des paiements pour obtenir le soutien de M. Sogavare avant le vote de défiance.Le député Silas Tausinga a déclaré que lui et d’autres collègues s’étaient vu offrir des paiements d’environ 30 000 dollars américains provenant d’un fonds électoral financé par Pékin s’ils votaient pour le maintien du premier ministre au pouvoir, selon le journal The Australian.  

M. Sogavare, 66 ans, dont c’est le quatrième mandat de premier ministre, a déjà été renversé deux fois par des votes de défiance.

                                                                                                                                      Louisa-Carla (coll)

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