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Chili: Les raisons du nouveau président Boric pour réformer le système de retraites

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Le nouveau président élu Gabriel Boric s’est engagé à réformer l’actuel système de pensions de retraite, aujourd’hui entièrement privé. Une promesse qui s’annonce difficile à tenir avec un Parlement pas entièrement acquis à sa cause.


Un système très inégalitaire.Le jeune président de 35 ans a été élu sur un programme réformateur au niveau social, et notamment sur sa promesse de mettre fin à l’actuel système de retraites privées par capitalisation, mis en place pendant la dictature de Pinochet, et défendu par l’actuel gouvernement de Sebastián Piñera.

Ce modèle de fonds de pensions est très critiqué par une grande partie de la population chilienne car il ne garantit pas de retraites minimum et reproduit les inégalités sociales. Les électeurs de Gabriel Boric espèrent désormais que les choses changent. À 61 ans, alors qu’elle pourrait partir à la retraite, Rosario doit continuer de travailler. Car si elle s’arrête maintenant, elle ne recevra que 160 euros par mois, moins que le salaire minimum au Chili. « Avec cet argent, je ne pourrais payer que l’électricité, l’eau et le gaz. Je ne pourrais pas manger, ni me soigner », se désole-t-elle.

Des réformes qui s’annoncent difficiles
À cause d’investissements infructueux de l’argent qu’elle avait placé dans un fonds de pension privé, la retraite de Rosario a perdu près de la moitié de sa valeur initiale. « Malheureusement, je vais devoir travailler jusqu’à ma mort. Sauf si les choses changent dans le pays et qu’ils nous donnent de vraies retraites », souligne-t-elle.

Elle considère que la proposition du nouveau président d’éliminer le système des retraites actuel est une bonne chose. Gabriel Boric veut instaurer un modèle plus solidaire avec des cotisations salariales et mettre en place une pension minimum garantie par l’État. Des transformations qui seront difficiles à réaliser puisqu’il n’a pas de majorité au Parlement. Malgré ça, Karina, une jeune avocate, garde espoir. « La convention qui est en train de rédiger la nouvelle Constitution est très sensible aux demandes sociales. Et à l’intérieur de cette convention, la réforme des retraites va être l’une des demandes les plus importantes », avance-t-il.

Rappelons que député à 27 ans, président à 35, Gabriel Boric souffle un vent de jeunesse sur la politique chilienne. Il a été élu dimanche 19 décembre à la tête du Chili avec 55% des voix face au candidat d’extrême droite José Antonio Kast, un admirateur de la dictature d’Augusto Pinochet. Depuis les bancs de l’université de droit à Santiago, ce millenial à la barbe épaisse aspire à transformer radicalement son pays. “Si le Chili a été le berceau du néolibéralisme en Amérique latine, il sera aussi son tombeau”, avait-il déclaré lors de sa proclamation de candidature. Depuis, le ton s’est modéré, et il expliquait à l’AFP vouloir instaurer au Chili “quelque chose qui, en Europe, paraît assez évident : garantir un État-providence, afin que chacun ait les mêmes droits, quel que soit l’argent qu’il a dans son portefeuille”.

La convention constituante a encore six mois pour rédiger la nouvelle Constitution qui sera ensuite soumise à un nouveau référendum. 


                                                                                                                                                  Louisa-Carla (coll)

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