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Lutte contre le terrorisme en Afrique : Dêlidji Eric Degila déplore un manque de « stratégie régionale à l’échelle du continent »

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Professeur à l’Institut des hautes études internationales et de développement à Genève, Dêlidji Eric Degila dans une tribune publiée par Le Temps, estime qu’il n’y a pas de projet politique d’ensemble en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme en Afrique.

«Les groupes terroristes profitent de la mondialisation et de ses nouvelles technologies présentées comme l’avatar de l’Occident honni», a fait savoir Dêlidji Eric Degila, professeur à l’Institut des hautes études internationales et de développement à Genève. «Mais je ne crois pas qu’ils ont une stratégie régionale à l’échelle du continent. Ils échangent plutôt des bons procédés opératoires. Il y a beaucoup d’opportunisme. Ils veulent contrôler des portions de territoires riches en ressources, dans une logique de seigneurs de guerre. Je ne vois pas de projet politique d’ensemble

Car le front africain est fracturé. Les groupes affiliés à Al-Qaida et ceux qui se revendiquant de l’État islamique se combattent autant qu’ils s’en prennent aux États africains et aux forces étrangères. Les étiquettes terroriste et djihadiste, utiles pour diaboliser l’ennemi et mobiliser les soutiens extérieurs, cachent des réalités nuancées selon les contextes.

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«Le terrorisme est devenu un défi majeur pour l’Afrique», confirme Dêlidji Eric Degila. «S’il peut revêtir une dimension identitaire, cette forme de violence dans la région est surtout la manifestation de disparités importantes, qui créent un terreau propice à sa diffusion. Il ne s’agit pas seulement d’accès inéquitable à la terre mais aussi aux emplois, notamment de la fonction publique. Il y a aussi une frustration grandissante face à la corruption des élites.»

Plus loin l’universitaire soutient que l’enrôlement dans ces groupes labellisés terroristes est aussi, selon le professeur natif du Bénin, une «aubaine socioéconomique». Un exemple: «Des jeunes qui vivotent dans le nord du Burkina Faso peuvent toucher en une opération autant d’argent que ce qu’ils auraient péniblement gagné en une année», illustre Dêlidji Eric Degila.

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